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Tous au couvert !

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Aujourd’hui, l’intérêt des couverts d’interculture n’est plus à prouver. Ils peuvent répondre à différents services : structuration des sols, apports d’éléments nutritifs (N P K), régulation des bioagresseurs (ravageurs et adventices), service d’approvisionnement de biomasse pour l’élevage (fourrages et pâturages), pour la production d’énergie (méthanisation), pour le stockage de carbone… Afin de concilier agronomie et réglementation, la Chambre d’agriculture de l’Ariège accompagne depuis plusieurs années les agriculteurs dans la mise en place de couverts adaptés à notre département : retour sur des essais réussis !

Sursemis d’un couvert de trèfle dans une céréale sortie d’hiver

Afin d’obtenir un couvert d’interculture déjà développé après les moissons et de le valoriser en fourrage, il est possible de semer du trèfle violet. Ce couvert doit être semé à 10-15 kg/ha, en février ou mars, avant que les rangs de la céréale se ferment et en prévision d’une pluie. Il peut être semé avec un delimbe sur un quad ou au semoir à socs petites graines, puis roulé. A ce stade, la céréale n’est pas pénalisée par le semis du trèfle et celui-ci ne va pas dépasser la culture principale à la moisson.

En conventionnel, les résultats sont moins intéressants qu’en agriculture biologique. Pour deux raisons majeurs : les cultures conduites en bio sont moins denses et il n’y a pas de problème de rémanence due aux produits phytosanitaires.


Couvert semé à la volée dans les céréales à paille

Cette technique consiste à semer à la volée avec un épandeur à engrais, un couvert lorsque la céréale commence à « changer de couleur », trois à cinq semaine avant les moissons. Attention à ne pas semer trop tôt, les céréales risqueraient de pomper l’eau disponible. Pour le choix des espèces, on utilise des graines qui ont la même taille (moyenne et plutôt ronde) afin que les semences ne se trient pas dans la trémie et que les graines se jettent suffisamment loin pour ne repasser que dans les passages de traitement. Avec un mélange de sorghos fourragers (10-15 kg/ha) et de radis chinois (2-5 kg/ha), on peut épandre jusqu’à 24 mètres sans difficultés. Ce mélange est adapté aux conditions de sécheresses estivales, les sorghos et les crucifères ayant le meilleur taux de levée dans ces conditions de semis à la volée. Une autre des clés pour réussir ce couvert est la pluviométrie autour du semis : semer en prévision d’une pluie de 15-20 mm. Malgré les bonnes conditions réunies, le taux de germination reste faible mais nous avons vu, dans les années précédentes, que 3 pieds/m² pouvaient suffire pour atteindre 10 t MS/ha !

 

Semis direct de couvert après les moissons des céréales

C’est la technique qui permet d’obtenir de meilleures levées pour un couvert estivale. Le but est de chercher la fraicheur en semant « au cul de la batteuse » en semis direct, dans les 48 h qui suivent la récolte (pour des conditions optimales), afin de profiter d’une humidité résiduelle pour déposer la graine entre 2 et 5 cm. Avec un semoir direct à dent, de type Jammet ou Aitchison, on pénètre bien le sol, même en condition difficile avec des sols fermés. Un semoir direct à disque, de type Sulky Unidrill, a plus de mal en général à pénétrer dans le sol et on peut retrouver beaucoup de résidus sur le sillon (pincement de la paille). Cependant, celui-ci reste plus adapté dans les sols caillouteux contrairement au semoir à dent qui va faire remonter les cailloux. Après le semis, il est fortement conseillé de passer le rouleau pour favoriser le contact sol-graine. Pour les mélanges, il faut préférer des sorghos fourragers et des crucifères. Il est possible de compléter ces mélanges avec des légumineuses comme par exemple un trèfle de Perse ou une vesce.

 

Couvert relais pour une couverture jusqu’à la culture d’été

Que ce soit pour des couverts semés à la volée dans les céréales ou semés en semis direct, avec des espèces « estivales », il est possible de sursemer un couvert à l’automne, afin que la couverture soit dense jusqu’à la culture d’été suivante. C’est alors l’occasion de semer des légumineuses à grosse graine comme la féverole, qui sont généralement plus fragiles l’été, mais qui fonctionnent très bien comme couvert hivernal. On parle de « couvert relais » car les espèces gélives comme le sorgho fourrager vont disparaitre et ce couvert prendra donc le relais pour l’hiver. En fonction de la biomasse dans laquelle le couvert sera semé, il est possible de passer un broyeur ou un rouleau Cambridge, mais la plupart du temps, le passage du semoir direct à disque ou à dent suffit.

Couvert semé à la volée dans le maïs semence

L’avantage de semé un couvert dans un maïs semence est de bénéficier de la fraicheur de la culture et des derniers tours d’eau d’irrigation. Le couvert est semé soit avec un delimbe centrifuge monté sur la castreuse ou avec un delimbe avec pendillard. Pour le mélange, le choix est large et va dépendre, comme pour les autres couverts, du rôle qu’on veut lui donner : par exemple, pour un couvert pâturé au printemps, on peut mélanger du trèfle incarnat (15-20 kg/ha) avec du ray-grass (6-10 kg/ha). Attention toutefois aux risques de rémanence, les légumineuses sont particulièrement sensibles à la rémanence des herbicides. Aussi, les résultats sont très limités dans des maïs semences tardifs car à un certain stade, la culture concurrence l’accès à la lumière.

 

Couvert semé à l’automne

Plus classique et plus facile, on peut aussi semer un couvert à partir de septembre quand la pluviométrie est plus favorable. Le semis se fait soit avec un semoir direct soit avec la succession d’un passage de déchaumeur, du distributeur d’engrais pour semer le couvert puis un autre passage de décompacteur, cultivateur ou chisel par exemple. Le couvert peut être composé de féverole (120-150 kg/ha), de navette (2-3 kg/ha), de seigle (10-20 kg/ha), ou de phacélie (2-3 kg/ha) : multipliez les espèces et variez les strates aériennes et racinaires !

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