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Installation/Transmission : comment trouver La bonne personne ?

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Témoignages.

Jean-Paul Lassalle et Alexandre Lamy ont tous deux un fort tempérament et des valeurs solides auxquelles ils sont particulièrement attachés. L’un est cédant, l’autre repreneur et ils ont accepté de nous livrer leurs parcours, leurs expériences, leurs échecs et leurs réussites dans ces étapes de la vie de l’entreprise : l’installation et la transmission.

Jean-Paul est né au sein d’une famille d’agriculteurs où il a été élevé avec l’apprentissage du métier comme ses 6 frères et sœurs. Une structure familiale qu’il quitte quelques années avant de s’installer lui aussi agriculteur. « Au départ, c’était mon frère Yvon qui devait reprendre la ferme. Pour ma part, j’étais parti travailler dans le commerce à Marseille avant de revenir sur la ferme. C’était également une façon d’honorer mon attachement à mon grand-père qui était à l’origine de l’achat des terres familiales ». En GAEC, puis en individuel, Jean-Paul Lassalle développe années après années un élevage de bovins viande. En l’absence de repreneur, le projet de transmission murît petit à petit avec la volonté de vendre les terres, les bâtiments mais aussi la maison d’habitation. Pour mener à bien ce projet, Jean-Paul Lassalle a souhaité bénéficier d’un audit Transmission et de la diffusion de son offre de reprise sur le Répertoire Départ Installation. « Ce diagnostic permet de réaliser un état des lieux de l’exploitation à transmettre et d’échanger ensemble sur les attentes du cédant. Cette étape est indispensable pour formuler une offre de reprise inscrite au sein du Répertoire Départ Installation » indiquait Thierry Triscos, conseiller d’Entreprise à la Chambre d’agriculture de l’Ariège.

Grâce au Répertoire Départ Installation (RDI), les conseillers de la Chambre d’agriculture accompagnent la transmission et l’installation des exploitations agricoles. Ils proposent leurs services aussi bien lors de reprises d’exploitations individuelles que lors de la recherche d’associé(s) dans le cadre d’exploitations sociétaires.
Vos contacts : Sophie Sire et Thierry Triscos – 05 61 02 14 00.

De l’autre côté, nous retrouvons Alexandre. Un jeune homme d’une forte maturité enrichie grâce à toutes les expériences qu’il a pu acquérir avant de s’installer. Lui aussi fils d’agriculteur, il a grandi dans une exploitation en polyculture élevage. Il a suivi des études agricoles, notamment un BTS productions animales qui l’a amené en Ariège. « J’ai été pris d’affection pour ce département, tant pour sa beauté que pour son potentiel de développement  ». Sa passion pour l’élevage ovins fait suite à une rencontre avec une famille gersoise qui lui a fait découvrir cette production. Cet attachement aux ovins, Alexandre en a fait son fil rouge même quand les métiers qu’il a exercés l’ont écarté de l’agriculture. « Je suis tondeur de montons depuis mes 18 ans. Cette activité me permet de découvrir une multitude de systèmes d’exploitation et de me créer un réseau. En parallèle, j’ai été ouvrier agricole au Service de Remplacement pendant 6/7 ans avant de m’orienter vers les travaux publics ». Malgré cela, son projet d’installation reste bien en tête. En 2014, il commence à actionner les différents leviers pour rechercher du foncier : inscription au RDI, prise de contact avec la Safer…
A la naissance de sa troisième fille, ce projet prend pour lui davantage de sens. Il fait le choix de s’engager dans le dispositif des aides nationales à l’installation. Il a alors en vue trois structures qui pourraient lui correspondre. « En 2017, j’ai réalisé mon Plan de Professionnalisation, suivi le stage 21h et j’ai commencé à travailler avec la Chambre d’agriculture sur l’établissement d’une étude économique sur une exploitation à Saverdun. Ce projet n’était pas viable financièrement. Nous n’avons pas réussi à trouver un accord avec le propriétaire. Après ces différentes étapes réalisées, je repartais de zéro, il fallait se remettre en question, recommencer du début ». C’est à ce moment-là qu’Alexandre Lamy et Jean-Paul Lassalle se rencontrent par le biais du Répertoire Départ Installation. « J’avais vu cette offre sur le RDI mais les photos ne mettaient absolument pas en valeur l’exploitation, c’est presque par dépit que nous sommes allés la visiter » nous indiquait Alexandre. Le 17 décembre 2017, Alexandre, sa conjointe Laure et leurs trois filles montent sur les hauteurs de Pailhès au lieu-dit Gouttelongue. Le paysage et les infrastructures sont tout autre que la représentation qu’ils s’en sont faits, le paysage est ouvert et particulièrement adapté à l’élevage. « Nous avions déjà réalisé plus d’une vingtaine de visites. Ce jour-là, Jean-Paul a pris le temps de nous présenter sa structure. J’ai regardé le potentiel technique, je me suis beaucoup intéressé à l’historique pour comprendre les évolutions ». De son côté, Jean-Paul Lassalle avait déjà eu une quinzaine de visites par le biais du RDI et de la Safer. Un porteur de projet s’était montré particulièrement intéressé puis finalement n’a pas donné suite.


C’est finalement cette visite qui va bousculer les étapes « j’ai senti une forte volonté de la part d’Alexandre, c’était très rassurant pour moi. On reste attaché à nos terres, à nos bâtis, il y a des souvenirs, une emprise familiale. C’était donc presque un soulagement de le rencontrer » se confiait le jeune retraité.


Après cette visite, Alexandre travaille activement sur ce projet. « La réalisation d’un premier Plan d’Entreprise sur l’exploitation de Saverdun m’a facilité le positionnement économique. Je n’avais qu’à transposer les chiffres pour étudier la viabilité financière. Avec ma conjointe, nous avons également été attentifs à l’environnement de l’exploitation. Pour la famille, c’est important d’être à proximité des écoles et des commerces. L’achat de la propriété était aussi un de nos critères. Je voulais pouvoir être libre de la transformation de l’exploitation ».
Après quelques semaines de réflexion, Alexandre Lamy et sa famille ont pris leur décision. Ils veulent s’engager autour de ce projet et pour cela ils entendent bien définir eux-mêmes leur calendrier « c’était important pour nous que tout soit finalisé pour la rentrée des classes des enfants. Nous avons un peu bousculé les institutions mais toutes les structures, que ce soit la Chambre d’agriculture, les banques ou le notaire, ont tous été très réactifs et attentifs ». Établissement du Plan d’Entreprise, constitution du dossier de demande des aides à l’installation, plan de financement, accords bancaires… Alexandre a finalisé toutes ces étapes pendant l’été 2018.


Depuis août 2018, ils sont propriétaires de 55 ha, des bâtiments agricoles et de la maison d’habitation. Alexandre a développé son projet d’élevage ovins comme il le souhaitait « j’ai acheté 240 brebis Merinos précoces en Provence. Mon système est basé sur le plein air intégral avec l’objectif de rester autonome et de limiter au maximum les coûts de production. Le taux de productivité numérique de ce troupeau était de 1,6 mais je reste très prudent sur les chiffres, il faut que les brebis s’adaptent à ce nouveau milieu ».

Jean-Paul Lassalle a acheté une maison d’habitation à Miremont-de-Commenge. Les deux hommes restent en lien mais avec beaucoup de respect et d’humilité. « Si Alexandre me demande des conseils, je suis soucieux de lui rendre service ».
Pour Jean-Paul Lassalle, les démarches administratives sont en cours de finalisation pour la dissolution de l’EARL et la demande de retraite. A présent, il souhaite poursuivre son activité d’entrepreneur forestier développée il y a plusieurs années mais aussi pouvoir profiter de la vente de ce capital « l’achat d’un camping-car est en cours. Je veux à présent pouvoir voyager, découvrir des coins de France comme la Bretagne, l’Alsace… ».

Chiffres clés

❚ Terres et bâtiments agricoles : 230 000 €
❚ Maison d’habitation : 150 000 €
❚ Cheptel, clôtures fixes, parc de contention, tracteur : 128 000 €
❚ Autofinancement : 0 avec des cautions uniquement sur l’exploitation agricole

L’exploitation aujourd’hui
❚ 54.70 ha dont 46 ha de SAU
❚ 240 brebis Merinos précoces conduites en plein air intégral
❚ Taux de productivité numérique du troupeau : 1,6
❚ Vente des agneaux en GMS, bouchers, coopératives…

Gaëlle Comminges et Thierry Triscos