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Fourrages, les solutions de rattrapage : couverts estivaux et dérobées

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Les couverts estivaux et les dérobées fourragères sont des solutions pour éviter de consommer du stock et réduire le coût alimentaire du troupeau sur la période estivale.

L’affouragement aux champs des animaux est une pratique commune qui a un coût et qui entame les stocks de fourrages prévus pour l’hiver. Les années se suivent mais ne se ressemblent pas, mais les épisodes de sécheresses restent habituels dans la majeure partie du département ariégeois.


Les couverts estivaux et les dérobées fourragères sont des solutions pour éviter de consommer du stock et réduire le coût alimentaire du troupeau sur la période estivale. Avec les intérêts agronomiques de couverture du sol notamment, ces cultures d’été sont à réfléchir techniquement et économiquement pour maîtriser les coûts d’implantation, les positionner correctement dans la rotation et choisir les espèces adaptées en fonction de l’utilisation souhaitée.

Quelle place dans une rotation ?

Les dérobées estivales peuvent s’implanter après des fourrages récoltés au printemps, comme des ray-grass (après la deuxième coupe), des méteils fourragers, ou sur des prairies temporaires ou des luzernes vieillissantes qui peuvent être détruites après un première coupe. Un semis précoce (avant le 1er juin de préférence) assurera à la culture une bonne levée et une implantation des racines en profondeur avant les périodes de grandes chaleurs.
Certaines espèces (colza fourrager, Sudan grass type Piper…) peuvent également être semées après la moisson des céréales, mais les possibilités de réussites seront moindres à cause des températures et de la pluviométrie rare. La maîtrise des coûts d’implantation est d’autant plus importante dans ce cas-là.
Toutes ces intercultures estivales sont de bons précédents pour les céréales d’hiver, les méteils grains et fourragers, et éventuellement des semis de prairies au printemps suivant.
La dérobée fourragère est également intéressante pour la maîtrise du salissement de la parcelle. Ces cultures étouffantes ont un effet nettoyant important qu’on retrouve même sur la culture suivante. En somme, la couverture estivale des sols est un bon moyen d’allier agronomie et alimentation du troupeau !

Quelles espèces implanter ?

Plusieurs graminées et légumineuses peuvent être implantées précocement pour fournir un complément fourrager à pâturer ou à faucher qui permet de compléter le stock fourni par les prairies, la principale contrainte étant qu’ils aient assez d’eau pour le démarrage.
Les graminées qui seront le plus adaptées sont le sorgho, le millet fourrager et le moha. Des légumineuses peuvent y être associées, les trèfles annuels (Alexandrie, Perse et vésiculé), éventuellement de la vesce ou du pois fourrager de printemps dans le cas d’une exploitation par fauche, et enfin le Fenugrec.

Les sorghos

Les sorghos fourragers multicoupes de variété sudan-grass et hybrides

Les avantages
❚ Pâturage dès 40 cm de hauteur pour le sudan-grass et 70 cm pour les hybrides
❚ Capacité de repousse qui permet de faire plusieurs coupes successives.
❚ Valeurs alimentaires proches d’une fétuque élevée (mais qui chute rapidement après l’épiaison)

Les inconvénients
❚ Présence d’acide cyanhydrique, qui est toxique, aux plus jeunes stades

Notre conseil
❚ Conduite en pâturage seul difficile, elle est souvent à compléter par une fauche pour ne pas se laisser dépasser
❚ Les variétés BMR sont à privilégier pour leur valeur alimentaire, et les variété PPS pour sa souplesse d’exploitation

Les sorghos monocoupes,destinés à l’ensilage

Les avantages
❚ Rendements pouvant être supérieurs à un maïs en conditions sèches, mais seules les variétés type BMR ont des valeurs énergétiques aussi élevées

Les inconvénients

❚ Risque de verse

 

Le millet fourrager

Les avantages
❚ Bonne restructuration des sols (système racinaire fasciculé)
❚ Valeur alimentaire plus intéressante que celle du sorgho (sauf pour le sorgho BMR)
❚ Adapté à l’enrubannage (finesse des tiges), au pâturage dès 30 cm sans problème de toxicité, épiaison tardive

Notre conseil
❚ Un optimum de rendement peut être trouvé en l’exploitant à une hauteur de 50 cm à partir de la première repousse, une première exploitation précoce favorisant le tallage. La repousse est pénalisée si la pâture ou la fauche est inférieure à 15 cm
❚ Le millet est plus adapté à des sols légers et acides mais peut pousser sur tous types de sol

 

Le moha fourrager

Les avantages
❚ Développement très rapide
❚ Appétant en pâturage

Les inconvénients
❚ Valeur alimentaire moyenne et qui chute fortement après l’épiaison

Notre conseil
❚ Utiliser les variétés les plus tardives pour avoir une plus grande souplesse d’exploitation. Le Moha ne repoussera quasiment pas après l’exploitation

 

Le colza fourrager

Notre conseil
❚ En mélange avec un RGI, le colza peut être utilisé en pâturage rationné pour les bovins avec en complément de la paille ou l’accès à une prairie. En vaches laitières, ne pas dépasser 20% de la ration avec ce mélange

 

Les trèfles

Le trèfle d’Alexandrie

Les avantages
❚ Peut produire plusieurs coupes sur l’été et l’automne
❚ Bonne valeur énergétique liée à une cellulose digestible

Les inconvénients
❚ Adapté à tous les sols sauf les trop argileux et acides

Notre conseil
❚ Très complémentaire à une graminée dans le cadre d’une association avec du Moha, Seigle ou RGI. Il est gélif, la variété MENPHIS est plus résistante

Le trèfle de Perse 

Les avantages
❚ Adapté à tous les types de sols, même lourds et humides
❚ Implantation rapide, bonne repousse, plusieurs coupes possibles si exploité avant floraison. Peu gélif
❚ Riche en sucres solubles, ce qui facilite la conservation par ensilage / enrubannage
Les inconvénients
❚ Moins adapté au pâturage, car il est peu appétant et météorise (variable selon variétés).

Le trèfle vésiculé ou trèfle flèche

Les avantages
❚ Productivité importante en été, plusieurs coupes possibles
❚ Valorisable en pâturage (non météorisant) ou fauche
❚ Très riche en protéines (>30%), feuilles riches en tanins

 

Les espèces présentées  valorisent bien la chaleur et supportent la sécheresse à condition d’avoir eu suffisamment d’eau pour la levée et le développement. Les variétés de printemps de pois fourrager et de vesce commune peuvent aussi être utilisées, mais uniquement en enrubannage/ensilage.

 

Récolte et semis doivent s’enchaîner !


L’eau est le facteur limitant principal pour la réussite des dérobées estivales.

Le délai entre la récolte du fourrage précédent et le semis de la dérobée doit être le plus court possible : entre 3 et 5 jours maximum.
Pour éviter d’assécher le profil, le travail du sol doit être superficiel : 2 passages de disques et semis en combiné par exemple. Le semis direct est un bon moyen de garder la fraîcheur au sol.

Rouler les semis : l’eau remonte par capillarité et favorisera la levée.

Maîtriser les coûts d’implantation

La production de dérobée fourragère se doit économe avant tout pour que la production soit intéressante. Chaque passage d’outil supplémentaire doit se compter au moment de la préparation du semis.

Semis direct

Semis direct = 60 €
Rouleau = 20 €
Total = 80 €/ha

Techniques culturales simplifiées

Disques = 50 €
Disques = 50 €
Semis en combiné herse rotative = 70 €
Rouleau = 20 €
Total = 190 €/ha

Labour

Labour = 100 €
Herse plate = 15 €
Vibroculteur = 35 €
Semis en combiné herse rotative = 70 €
Rouleau = 20 €
Total = 240 €/ha

Les prix moyens des opérations culturales sont issus du référentiel Chambre d’agriculture de 2017.

A noter : démonstration de semis direct de sorgho fourrager – trèfle, précédent méteil fourrager au GAEC de la Nougrasse à Allières, prévue fin mai.

Contact : Sébastien Petitprez - 05 61 02 14 00.


Txomin Elosegui et Sébastien Petitprez

Article réalisé avec le concours financier du CasDAR.