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Fourrages estivaux : une option pour reconstituer les stocks

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Piper à 2 tMS/ha pâturé : stade idéal pour une bonne valorisation et repousse.

Les conditions météorologiques difficiles du printemps ont fortement impacté les rendements des fourrages précoces, de -30 à -50% jusqu’à présent selon les secteurs et les fourrages. Et cela, après l’année 2020 qui a connu un été extrêmement sec qui avait déjà fortement entamé les stocks fourragers des éleveurs. Les pluies du mois de mai devraient heureusement permettre de limiter la baisse des rendements, constat à confirmer sur les coupes de foin en cours sur le département.

 

Ainsi, l’anticipation de l’été 2021 et de l’hiver prochain doit se faire dès maintenant, en adaptant les nombres d’animaux, ou en adaptant la stratégie fourragère. Travaillée depuis 4 ans au sein du groupe DEPHY Polyculture Elevage, le sorgho fourrager est une solution intéressante pour les systèmes en polyculture élevage des plaines et des coteaux de l’Ariège. Deux options sont possibles, et régulièrement testées et validées, notamment au sein du groupe DEPHY Polyculture-élevage :

➝ Semis du sorgho fourrager multicoupe en culture principale, après un méteil ou Ray-Grass, en remplacement d’un tournesol par exemple : valorisation en enrubanné (fourrage pour l’hiver), ou en pâture (2-3 passages possibles) dès le mois d’août. Les rendements atteignent en moyenne 6-8 tMS/ha. Le semis est à réaliser entre le 20 mai et le 20 juin.

➝ Semis du sorgho fourrager en dérobée de céréales précoces (orge de préférence, pois protéagineux) : à réaliser en semis direct, au plus près de la moisson, les rendements sont inférieurs mais avoisinent 2.5-3 tMS/ha en moyenne, pour une valorisation en pâturage en septembre – octobre. Semis à réaliser au 10 juillet maximum. Ces semis sont à réaliser dès que les sols sont chauds, cette fin de semaine sera idéale pour les déclencher ! Le semis, pour les multicoupes, est à réaliser au semoir à céréales en rangs serrés, pour avoir les tiges de sorgho les plus fines possible. Le pâturage des sorghos peut se faire dès 60 cm de haut.

 

Pâturage : c’est gagnant - gagnant

Le sorgho fourrager peut être vu comme un moyen de sécuriser le stock hivernal, en système ensilage ou en enrubanné. En enrubanné, les coûts explosent à cause du nombre important de balles à l’hectare, mais ça peut également être une bonne alternative cette année. Dans les secteurs où l’affourragement commence en été, le pâturage reste la valorisation la plus intéressante et la plus économique. Plusieurs points d’attention sont en prendre en compte pour bien réussir le pâturage de cette culture :

⓵ Choisir une parcelle de sorgho avec une zone tampon à côté : prairie parking ou un bois. Avoir un poitn d’eau déjà en place à proximité, de l’ombre, et une zone où mettre les animaux en cas de pluie pour ne pas abîmer le sorgho.

⓶ Pour sécuriser par rapport aux problématiques de toxicité, en cas de doute :

     - Distribuer du fourrage avant la pâture pour tamponner

     - Ne pas changer les animaux quand ils ont le ventre vide

     - Faire des petits parcs (2-3 jours maximum)

     - Choisir des variétés « Sudan Grass » comme le Piper, Advance Grazer, Hermes... qui ont des plus faibles toxicités

⓷ Pâturer dès 60 cm de hauteur, le plus tôt possible pour ne pas être dépassé par la suite ! A partir d’1,2m de haut environ, le gaspillage peut devenir important, surtout quand le sorgho est épie.Références sur les coûts des fourrages

Malgré des sécheresses importantes et des rendements moins importants en 2020 que les années précédentes, le sorgho pâturé revient moins cher que du foin (voir plus bas), sans compter les bénéfices agronomiques, zoologiques et climatiques.

Les rendements présentés sont de 2020, et ne prennent pas en comptent les repousses, qui en cas de pluie peuvent encore être importantes.L’implantation des sorghos fourragers coûte environ 180 €/ha en travail du sol, donc ces implantations de sorghos fourragers sont rentables à partir de 3 tMS/ha valorisées par les animaux. Cet objectif est régulièrement atteint pour des semis de fin mai mi-juin.

Un travail important a été mené au sein de 25 exploitations entre l’Ariège et l’Aude pour déterminer les coûts moyens de production des fourrages. De l’implantation du fourrage aux coûts de récolte en passant par la fertilisation et le travail du sol, il s’agit de moyennes basées sur les rendements et les coûts des intrants des agriculteurs. Les coûts de mécanisation sont issus des barèmes CUMA et des tarifs pratiqués par les entrepreneurs dans le secteur. A noter que le coût du transport, du stockage et de la distribution n’est pas inclus, hormis pour les fourrages pâturés.

 

De l'importance de protéger la repousse ! (photo du 27/08, 30 cm de repousse sans une goutte d’eau).

Le développement de fourrages supplémentaires sur l’exploitation afin d’atteindre l’autonomie semble très important, surtout en pensant aux augmentations des prix des fourrages probables en 2021.

Face à cette année complexe, le seul levier des sorghos fourragers ne sera certainement pas suffisant pour compenser les manques de fourrages. La diversification des systèmes fourragers et la valorisation de toute la ressource est importante. Le pâturage tournant dynamique, la valorisation des bois (ressource fourragère estivale non négligeable), d’autres espèces adaptées aux étés secs comme les luzernes sont autant de leviers à travailler sur les exploitations pour les rendre plus résilientes et assurer les stocks fourragers, sur pied ou sous les hangars.

 

 

À NOTER DANS VOS AGENDAS 

8 juin : journée « tour de plaine SOJA », animée par l’équipe agronomie avec l’intervention de Quentin Lambert ingénieur de développement Ouest Occitanie chez Terres Inovia.

➝ 9h00 : accueil chez plateforme du Lycée agricole de Pamiers : essai 8 variétés, retour suivi irrigation 2020.

➝ 10h45 : chez Jean-Michel Bardou - soja conventionnel après dérobé RGI trèfle incarnat ensilé.

➝ 11h30 : chez Jérôme Vicaire : soja irrigué, variété fermière autoproduite Palador et semence certifiée Steara.

➝ 14h30 : chez Gaël Giordano : soja AB irrigué en TCS superficiel.

➝ 15h20 : chez Patrick Bacquié : soja conventionnel irrigué.

➝ 16h45 : chez Hugo Lavigne : soja irrigué AB, semence fermière.

 

Contact : Gabriel MENGIN 06.14.67.43.19