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Voyage d’étude agronomie 2021 en Charente Maritime : irrigation et agriculture de conservation du sol

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Du 27 au 29 janvier 2021, les conseillers de la Chambre d’agriculture et les agriculteurs sont partis à la découverte de la Charente-Maritime afin d’échanger avec leurs homologues sur les problématiques de l’eau et de la conservation du sol.

 

 

Un travail sur les couverts et des modalités de destructions

Ce voyage a permis aux participants de rencontrer les conseillers de la Chambre d’agriculture de Charente–Maritime (conseiller agro-environnement, machinisme et grande culture) et l’animatrice de EAU17. Ces derniers sont revenus sur le contexte agricole de la Charente-Maritime, lié à une grande problématique autour de l’irrigation. En effet, un stockage de l’eau difficile, des été secs et une forte augmentation de l’usage de l’eau avec le tourisme estival entraînent des coupures très précoces de l’irrigation (août voir juillet). Au-delà du souci de la quantité se rajoute un problème de qualité de l’eau avec une importante dégradation de celle-ci et de forts enjeux sur la lixiviation des produits phytosanitaires et des nitrates.
Face à ce souci des nitrates, les conseillers travaillent sur la mise en place de couverts. Ils se heurtent cependant à de nombreux freins comprenant principalement la météo qui est peu clémente dans le secteur, les charges et le manque de technicité (les agriculteurs sont majoritairement pluriactifs et peu disponibles).

Plateforme de couverts de Chambon.

La plateforme de couverts regroupe diverses modalités de couverts dont :
• 60% avoine rude + 35% vesce de printemps + 5% trèfle d’Alexandrie
• 50% d’avoine rude + 30% vesce pourpre + 8% trèfle d’Alexandrie + 6% radis asiatique + 6% phacélie
• 15% avoine rude + 14% seigle multicaule + 20% vesce pourpre + 18% vesce velue + 8% trèfle incarnat + 8% trèfle d’alexandrie + 6% de radis asiatique + 6% lin + 4% phacélie + 1% moutarde d’Abyssinie
• 88% d’avoine rude + 12% de phacélie
• 66% sarrasin + 27% phacélie + 7% moutarde tardive
- 45% moutarde d’abyssinie + 35% trèfle d’alexandrie + 20% phacélie
• 40% vesce velue + 20% vesce pourpre + 23% trèfle d’Alexandrie + 17% phacélie

Ils ont aussi mis en place une plateforme de destruction des couverts. Celle-ci teste deux matériels (déchaumeur et rouleau FACA) sur deux types de couverts (orientés graminée et complexe) à deux dates différentes (fin novembre et fin janvier). Une dernière plateforme teste du colza associé avec diverses associations à dominance féverole, vesce, pois ou lentilles.

 

Echanges sur la thématique de l’eau

Carte des OUGC présents en Poitou-Charente.

La Charente Maritime connaît un gros problème au niveau du stockage et de la gestion de l’eau sur le territoire. En effet, les nappes présentes sont de faible capacité et il existe peu d’infrastructures pour stocker l’eau. Pour réalimenter la Charente, qui est le principal cours d’eau sur le territoire, il existe uniquement deux retenues (pour un volume total de 20 millions de m3) et la présence de petits affluents (non réalimentés).
Depuis le 1er avril 2011, il n’existe plus d’Autorisation Unique Pluriannuelle (AUP) sur l’Organisme Unique (suppression des trois AUP présentes).

La Charente compte 700 irrigants (soit 1 agriculteur sur 5) et la Charente-Maritime compte 1004 irrigants. Ce chiffre a toutefois baissé de 25% ces dernières années. En effet, avec les coupures d’irrigations courant juillet aout, le nombre d’irrigants est en baisse. De même les surfaces de maïs grain et semence sont passées de 72% de la SAU en 2000 à 59% en 2010. Maintenant, les agriculteurs préfèrent irriguer des cultures d’hiver et printemps telles que le blé et l’orge afin d’en assurer le rendement plutôt que les cultures d’été comme le maïs qu’ils ne pourront pas amener jusqu’à la fin. Aujourd’hui 60% des cultures irriguées sont du maïs, 30% des céréales et 10% des cultures fourragères (maïs et autre).

 

ARVALIS Le Magneraud

Photo des cases lysimétriques (au centre) qui permettent de contrôler la qualité de l’eau infiltrée et des abris mobiles qui permettent de faire des essais sur la quantité d’eau apporté à la culture.

 

La station Arvalis du Magneraud a été créée en 1977 pour travailler sur l’irrigation et les effets des pratiques agricoles sur la qualité de l’eau. Les conversations se sont articulées autour de la conduite des cultures en volume limitant (sur blé et maïs), l’effet du mulch de couverts sur l’eau et le relay cropping.

 

Journée visite d’exploitations avec Océalia

Au cours du séjour, les agriculteurs se sont rendus chez Laurent à Charroux (86250), céréalier qui faisait de la spiruline. L'agriculteur arrête l’activité au profit de la transformation de ces céréales. La matinée à Charroux  a permis de visiter de nombreuses parcelles menées en agriculture biologique :

   

 

La visite s'est poursuivie chez Jean-Marc Prudhomme à Germeville (16140), céréalier très poussé en ACS et avec de nombreuses cultures en dérobés semi direct, irrigant. L’expérience du semis direct a commencé au début des années 2000 pour Jean-Marc, en 2010 il achète son semoir à semi direct et il se forme par la suite avec l’aide de Frédéric Thomas.
Son assolement est très diversifié, il n’est pas fixé en avance mais se fait beaucoup par opportunité. On y retrouve du blé, de l’orge, du maïs, colza, soja, millet, sarrasin, tournesol, méteils, protéagineux, mélange pois vesce féverole. Toutes les semences sont fermières (à part pour le maïs et tournesol) non traitées ou enrobé es avec du sulfate de cuivre et TMF. De nombreux essais d’extrait fermentés et à partir d’eau oxygénée sont fait pour réduire l’usage de produits phytosanitaire. « Avant de faire des essais il faut ramener de la vie au sol et avoir un sol en bonne santé » nous explique-t-il. Cet échange s’accompagne alors d’une visite de diverses parcelles. "Le produit ne remplacera jamais les plantes".