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THESO : Témoignage de Boris Rouquet, "Ce projet a permis de montrer que le désherbinage a fonctionné, les mauvaises herbes ont été maîtrisées"

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Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis agriculteur sur une exploitation de 250 ha dont aujourd’hui 40 % est en maïs semence, en monoculture avec des couverts végétaux entre chaque maïs, ou en rotation avec du soja, du tournesol semence ou du blé. Je cultive également du colza semence, du colza consommation, du maïs consommation et depuis cette année, des haricots secs. Nous sommes deux temps plein à travailler sur l’exploitation : moi-même et un salarié.
à votre avis, quels sont les enjeux sur le désherbage du maïs aujourd'hui ?
Selon moi, l'enjeu est d’avoir et de maintenir des parcelles avec peu de mauvaises herbes pour éviter la concurrence avec la culture et pour ne pas se retrouver dans des situations qui ne sont plus maîtrisables. Nous devons également veiller à utiliser les produits dans des conditions optimales, conditions météorologiques au moment du traitement et stade des mauvaises herbes, pour que les produits utilisés expriment le maximum de leur efficacité. Le coût du désherbage, chimique et mécanique doit être acceptable.

Qu’est-ce qui vous a motivé à participer au projet THESO ?
J’avais déjà commencé à mettre en œuvre des pratiques innovantes que le projet THESO souhaitait tester et j’étais équipé pour le désherbinage. Je voulais voir si on pouvait encore plus réduire les doses de produits. J’étais également intéressé pour trouver des alternatives aux matières actives qui pourraient ne plus être autorisées et pour mesurer l’impact des modifications de pratiques sur l’environnement et en particulier sur l’eau. Le groupe constitué pour piloter le projet THESO, avec des agriculteurs et des techniciens, donnait un cadre constructif pour avancer ensemble sur des solutions aux problématiques du désherbage.

Que retenez-vous des résultats du projet THESO ?
Nous n’avons malheureusement pas pu mettre en évidence l’impact des pratiques innovantes sur la qualité de l’eau. Cependant, je retiens que le désherbinage a fonctionné : les mauvaises herbes ont été maîtrisées malgré des doses réduites de produits, et avec un seul passage d’outil. Cette intervention reste à mon avis à sécuriser avec un premier désherbage en plein. En l’absence d’un traitement sur le rang et l’inter-rang, la fenêtre d’intervention pour le binage est trop courte, les mauvaises herbes envahissant rapidement la culture. J’ai également réalisé une légère économie de désherbants mais trop minime pour avoir un réel impact sur la marge semi-directe.

Comment réalisez-vous le désherbage du maïs aujourd’hui ?
Aujourd’hui, j’adopte l’une ou l’autre des 2 stratégies de désherbage suivantes, selon la structure du sol et les conditions météo :
• soit désherbage de pré-levée en plein avec 2/3 du produit, entre le semis et la levée, puis désher-binage avec 1/3 du produit de pré-levée sur l’inter-rang et produits foliaires de rattrapage sur le rang en choisissant ces produits en fonction des adventices présentes,
• soit désherbage unique en plein, à 4-6 feuilles du maïs, avec un mélange de produits à action racinaire et foliaire (post-levée précoce).

Quelles perspectives ?
Des perspectives sont sûrement à explorer pour améliorer les performances techniques du matériel de désherbage mécanique. Les conditions d’humidité du sol pour l’utilisation d’une bineuse sont aujourd’hui très contraignantes et la vitesse d’avancement est très lente. Des équipements pourraient également être inventés pour désherber mécaniquement sur l’inter-rang, comme par exemple une adaptation des machines à salades !