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Robustagno : des agneaux plus robustes pour de meilleurs résultats

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Focus sur le projet Robustagno ayant pour objectif d'améliorer la robustesse des agneaux.

Un séminaire « Robustagno » a eu lieu le 21 Janvier dernier, à Roussenac dans l’Aveyron. Ce projet, sur les départements du Lot et de l’Aveyron, consiste en la création d’un groupe de travail (éleveurs, conseillers, scientifiques et animateurs) afin d’identifier des innovations et bonnes pratiques dans l’objectif d’améliorer la robustesse des agneaux. En effet, le taux de mortalité de ces derniers dans la région Midi-Pyrénées est de 15% en moyenne, avec une forte hétérogénéité entre les élevages. Des études scientifiques montrent que 70 % de la mortalité survient dans les 7 premiers jours de vie.

Ce projet travaille ainsi sur la robustesse à la naissance. Pour cela, la recherche de solutions dans des élevages obtenant de bons résultats est effectuée, tout en y apportant une analyse scientifique afin de tester la reproductibilité de ces  méthodes.
Afin de réduire la mortalité des agneaux dans son élevage, trois grandes étapes sont à travailler : la reproduction, la gestation, et l’agnelage/conduite des agneaux.
Les éléments à travailler à chacune de ces étapes sont détaillés dans le schéma ci-dessous.

Reproduction et gestation

Pour commencer, les brebis et béliers partant à la lutte doivent avoir un bon état corporel et sanitaire. Il faut bien veiller à ce que les parasites soient éliminés durant la gestation.
Il est nécessaire de répondre au mieux aux besoins de la brebis en gestation. Réaliser des échographies peut permettre de gérer son troupeau par lot, afin d’adapter la ration des brebis gestantes. Une augmentation de la ration dans le dernier tiers de gestation de manière progressive est nécessaire.

Pour aller plus loin, des échographies avec dénombrement peuvent être utiles, si le bâtiment le permet, afin d’adapter encore plus finement la ration. Aussi, des lots peuvent être faits en fonction de l’état corporel des brebis. Une brebis trop maigre à la mise-bas aura plus de risque de rejeter l’agneau, et une brebis trop grasse pourrait avoir des problèmes lors de la mise-bas. Ainsi, la gestion par lots permet d’avoir de meilleurs résultats d’un point de vue technique, mais aussi économique, avec des coûts d’alimentation réduits, en ne donnant que ce qui est nécessaire.

Concernant l’apport d’oligo-éléments et de minéraux, cela n’est utile que dans un contexte de carence. Une supplémentation apportée à des brebis dont les apports nutritionnels sont déjà suffisants n'améliorera pas la survie de l'agneau.

Gestion des mises-bas et de l’allaitement

Au moment des mises-bas, si ces dernières se font en bergerie, il est nécessaire que l’environnement soit calme, avec un bâtiment propre, paillé et sans courants d’air. La présence de l’éleveur au moment des agnelages est essentielle. Elle permet évidemment de surveiller que tout se passe bien et d’aider les brebis en difficulté, mais aussi de veiller à ce qu’elles acceptent leurs agneaux, et à ce que ces derniers tètent bien le colostrum.

Pour les portées multiples, il est conseillé de mettre la brebis et ses agneaux en case durant les premiers jours, afin de s’assurer qu’elle s’occupe bien de tous et qu’elle ait la quantité de lait suffisante.

Le colostrum représente « l’assurance vie » de l’agneau. Il est primordial qu’il en ingère en quantité suffisante, soit environ 50 ml/kg (entre 200 et 400 ml) dans ses 6 premières heures de vie.

Il est important d’intervenir à temps lorsque cela est nécessaire tout en n’intervenant pas trop tôt au risque de « casser » le lien entre la mère et l’agneau.
10 à 20% des agneaux peuvent avoir besoin d’une intervention à la naissance. 
Une fois la mise-bas réalisée, il faut alors :
    - Vérifier la mamelle : déboucher les trayons si besoin et être sûr qu’il y ait assez de lait
    - Couper et désinfecter les ombilics des agneaux
    - Repérer les agneaux et leur mère
    - S’assurer que ces derniers boivent bien le colostrum

L’abreuvement des brebis est également à surveiller. Bien qu’essentiels en permanence, les besoins augmentent avec la production laitière. Si une brebis n’a pas un accès facile à de l’eau propre et fraîche, cela se répercutera rapidement sur son agneau.

Utiliser un carnet d’agnelage permet de retrouver rapidement la mère d’un agneau maigre, afin de comprendre pourquoi il est ainsi (rejet de la brebis, passage de l’agneau dans un mauvais lot, manque de lait…). De plus, noter les brebis à problème d’une année sur l’autre permet d’être plus efficace lors de la sélection des réformes.


Astuces :

• Toujours avoir du colostrum en stock au congélateur ! Si une brebis ne fait qu’un agneau et qu’elle a du lait en quantité, trayez-la et congelez le.
• Pour favoriser l’adoption d’un agneau, mettez-lui du sel sur le dos ou frottez le avec du liquide amniotique de la brebis en question.