Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Toutes nos actualités

Détail de l'actualité

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Productions de semences potagères et fourragères, un savoir faire ariégeois

Quelles sont les spécificités de ces cultures ?

La France est le premier producteur de semences potagères en Europe. Dans notre département, la surface engagée en 2018 dans ces productions représente 66 ha répartis sur 8 exploitations. Ces agriculteurs ariégeois qui produisent des oignons, carottes, betteraves porte-graines, se sont orientés vers ces cultures dans un contexte où le volume  de surfaces de maïs semences est régulièrement remis en cause.

Quelles sont les spécificités de ces cultures?

Contractualisation

Comme pour les productions de semences de grandes cultures, ces cultures  sont contractualisées avec un établissement*, selon un cahier des charges à respecter.
- Une convention type règle les rapports contractuels entre établissement et agriculteurs.
- Le SAMS, un syndicat des agriculteurs multiplicateurs de semences peut renseigner et défendre tout producteur dans ce domaine.
- L'itinéraire technique est comparable à celui des grandes cultures mais demande des interventions supplémentaires, notamment au niveau des modalités à l’intérieur de leur conduite.

Implantation de la culture

L'implantation est souvent réalisée par un semis, mais pour certaines, le recours à du plant peut être de rigueur afin de raccourcir un cycle de culture (potagères bisannuelles).
Dans ce cas, la réussite de cette phase de culture est primordiale. Elle dépend de l’état du plant au moment où le producteur le reçoit, de la rapidité du triage et des bonnes conditions climatiques au moment de la plantation.
 

Maîtrise des aspects sanitaires

Maîtriser les aspects sanitaires est un gage de réussite de toute culture mise en place mais elle devient un enjeu crucial pour une production de semences. En effet, le rendement, les caractéristiques de la graine : son calibre, sa pureté et surtout sa faculté germinative dépendent d’une parfaite protection contre les bio-agresseurs. Chaque année, pour faire le point avec les producteurs sur l’état de leurs cultures, la Chambre d’agriculture organise une visite des parcelles avec l’ingénieur régional Fnams.

Épuration

L'épuration a pour objectif de préserver les lots de semence récoltés de la présence de graines indésirables. Celles-ci proviennent souvent de plantes adventices. Elles ne pourront pas toujours être séparées au triage du lot une fois réceptionné, car elles sont semblables à la semence récoltée ou de même poids spécifique.
Le désherbage occupe donc une place importante dans les interventions du producteur. Par exemple, pour préserver sa production de betteraves porte-graines, il devra aussi éliminer les plantes de blette ou de betteraves sauvages avant floraison, dans l’environnement de la parcelle.

Séchage de la graine avant réception

Le contrat d’un producteur stipule souvent de respecter un certain taux d’humidité de la semence avant son transport à l’établissement. Dans ce cas, la semence est mise à sécher soit dans des bennes à double fond, soit dans un séchoir qui peut être construit sans trop de frais.

Quel niveau de revenu  attendre de ces productions ?

Pour atteindre le niveau de qualité de semences fixé par l’établissement, le degré de maîtrise des pratiques culturales attendu nécessite davantage d’interventions du producteur. Cela se traduit par un niveau de charges plus élevés qu’en grandes cultures.
En retour, le producteur s'attend à un niveau de rémunération qui prendra en charge ce coût plus élevé et le temps de travail qu’il aura engagé.
Dans le département, les producteurs sont satisfaits du revenu que leur procurent ces cultures quand ils le comparent à celui du maïs semences. Mais pour certaines espèces, des doutes subsistent sur la pérennité de ce revenu. Pour analyser ses résultats, il est utile .de pouvoir se baser sur des références techniques et technico-économiques, telles que celles élaborées par la Fnams chaque année.

Que retenir de l’expérience des producteurs ariégeois ?

Trois productions sont réalisées dans le département (carotte, oignons, betterave fourragères porte-graines). Une culture se différencie des autres par le  niveau de rémunération régulier et élevé qu’elle procure : la betterave fourragère-semences.
D'une part, elle donne une production chaque année dont le rendement correspond à celui attendu par le producteur (hors accident climatique exceptionnel). Ce n’est pas le cas de l’oignon semences qui heureusement bénéficie d’une part de rémunération forfaitaire, quelque soit son rendement. D’autre part ,sa faculté germinative est rarement mise en défaut, au contraire de la carotte.

Cependant si la culture de betterave fourragère porte-graines donne satisfaction à un agriculteur, en recherche d’une culture de revenu comparable à celle d’un maïs semences, il doit attendre d’être sollicité par un établissement pour pouvoir la mettre en œuvre.
Ces établissements contractualisent déjà dans les départements voisins, ils s’intéressent aussi à notre département car il offre suffisamment d’isolement pour produire les semences de variétés particulières.

*En Ariège parmi les établissements qui contractualisent la multiplication de semences avec des agriculteurs , la  SES Vanderhave contractualise les betteraves fourragères semences , Vikima les betteraves potagères , Alliance Seed les carottes , le celeri et le fenouil et  Bejo les oignons

 


Eric Rossignol