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Lupin blanc d’hiver : des essais à reconduire pour vérifier la rentabilité de cette culture en Ariège

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Le lupin a été retenu dans le cadre du projet « Rotations 4/1000 » dans une perspective de développer les complémentarités entre céréaliers et éleveurs à l’échelle du département.

Pour les céréaliers, le lupin permet d’allonger les rotations avec une légumineuse ne nécessitant pas d’engrais azoté. Pour les éleveurs, le lupin est une source de protéines facile à utiliser dans l’alimentation des animaux. Cette culture avait déjà été testée en Ariège mais semée soit trop tard, soit sur des sols inadaptés. En septembre 2018, trois parcelles ont été implantées en lupin afin de voir si cette culture pouvait trouver sa place dans les rotations.

Le choix de la parcelle est un facteur clé dans la réussite du lupin.
La parcelle doit être drainante, avec un taux de calcaire actif qui ne dépasse pas 2,5%. Les parcelles de Villeneuve du Paréage et du Carlaret présentaient de bonnes caractéristiques. La parcelle de Montaut, à dominante limoneuse et légèrement hydromorphe était identifiée dès le départ comme moins favorable. La pression ray-grass y était connue. Les désherbages n’ont pas pu être réalisés dans des conditions optimales, trop sec pour la pré-levée et le ray-grass était déjà bien développé en novembre. Le lupin est en effet une plante peu couvrante qui est peu concurrentielle des adventices. Des ragondins ont également impacté le rendement en broutant le sommet des plantes au printemps. Sur les 2 autres parcelles, le rendement est correct mais inférieur au potentiel situé autour de 35 - 40 q/ha. Les conditions froides de la fin avril, peu après la floraison, ont pu pénaliser le rendement, tout comme l’épisode caniculaire de la fin juin.

En conclusion : choisir des parcelles sans excès d’eau, sans calcaire actif, avec une faible pression adventice, et semer avant le 1er octobre

 

Itinétaires techniques suivis en 2019

Retour en photos sur la parcelle de lupin de Villeneuve du Paréage


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Utilisations du lupin blanc

Riche en protéines et en matières grasses, et dépourvues de facteurs antinutritionnels (faible teneur en alcaloïdes), le lupin blanc trouve des débouchés en alimentation animale et humaine. Il est naturellement sans gluten, ce qui lui permet de répondre à de nombreuses demandes du marché.

En alimentation animale, le lupin permet de viser l’autonomie protéique avec un taux de protéines de 34%, supérieur à celui de la féverole (28%) et du pois (21%). Sa teneur en huile est trop faible pour en extraire l’huile mais suffisamment limitée pour une bonne utilisation en graines entières par les animaux. Le lupin est une matière première de qualité pour les ruminants et facile à utiliser. Il est possible d’en donner jusqu’à 6kg/vache laitière/jour, contrairement à un soja aplati qui ne doit pas dépasser 1 kg/vache laitière/jour. Les protéines du lupin sont rapidement solubles. Il vaut donc mieux utiliser les graines entières ou grossièrement broyées pour qu’elles soient bien valorisées par les ruminants. Pour les porcs et les volailles, il est possible d’en utiliser mais en faible proportion. Il est par ailleurs très bon pour l’alimentation des poissons.

Résultats économiques

Les charges opérationnelles s’élèvent cette année à 350 €/ha réparties entre les semences (210 €/ha), l’inoculum (40€/ha), et les herbicides (100 €/ha). Le prix de vente dépend du débouché, l’alimentation humaine étant mieux valorisée que l’alimentation animale : il est situé entre 200 et 350 €/t. Il bénéficie de l’aide aux protéagineux de 170 €/ha en 2018. 

1ha de lupin à 30 q/ha permet de produire l’équivalent en protéines de 3 tonnes de tourteau de soja, soit une économie de 990 € pour du tourteau de soja acheté à 330 €/t. Pour qu’un lupin à 30 q/ha soit rentable, on peut donc estimer qu’il fait que le total des charges pour produire 1 ha de lupin soit inférieur à 1 000 €/ha.

Perspectives pour 2020

D’autres parcelles de lupin vont être semées cet automne à partir du 10 septembre, juste avant une pluie. Le semis sera réalisé au monograine pour avoir une meilleure qualité de levée et pour avoir la possibilité de réaliser un désherbage mécanique. Pour des éleveurs, l’association avec du triticale est également envisagée.


Aude Pelletier, Conseillère agronomie