Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Toutes nos actualités > La pluviométrie actuelle peut-elle compenser les pertes constatées sur les fourrages ?

La pluviométrie actuelle peut-elle compenser les pertes constatées sur les fourrages ?

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Dossier Elevage

Les premières récoltes de foin laissent apparaître une baisse de 30 % des quantités récoltées (jusqu’à - 50 % sur certaines parcelles), de plus, le risque de devoir commencer à affourager les animaux précocement est réel.

Face à cette situation, il convient de bien connaître sa situation et s’adapter.

La réalisation d'un bilan fourrager est indispensable pour analyser la situation et évaluer les besoins des animaux.

Suivant les productions et les catégories d’animaux, il convient de raisonner les achats complémentaires éventuels en fourrages ou en concentrés.

Le déficit se chiffre en quantité de fourrage grossier (en matière sèche) et de concentrés (céréales, tourteaux, protéagineux…).

Les conseillers du service Elevage sont à votre disposition pour mener cette analyse.

A partir des rations envisagées pour les animaux et des stocks disponibles, des achats d’aliments peuvent être envisagés :
- des produits riches : concentrés, céréales, pulpes déshydratées, maïs sur pieds à ensiler (si possibilité de distribution)…
- foin ou enrubanné
- des produits plus pauvres  : paille, pour les animaux à faibles besoins.

Les aliments les moins chers au kg brut ne seront pas forcément les plus intéressants sur le plan économique, il faut tenir compte de la richesse en énergie et du coût du transport.

Réalisez votre bilan fourrager

Evaluer le plus précisément les stocks réalisés et les stocks possibles à venir

Produits secs : foins, paille
Compter le nombre de balles et multiplier par le poids unitaire (dans l’idéal, effectuer quelques pesées). Apprécier la qualité des foins.

Exemples
. Balle de foin diam. 150 = 250 kg de MS
. Balle   de paille diam. 150 =210 kg de MS

Ensilage
Cuber le silo d’ensilage et herbe et multiplier par la densité (en fonction de la hauteur et du taux de matière sèche).

Exemple
Ensilage d’herbe (25 % MS)=185 kg de MS/ m3(varie en fonction de la  hauteur du silo)

Enrubannage
Compter le nombre de balles et multiplier par le poids unitaire.

Exemple
Balle d’enrubanné diam 150 = 230 kg de MS

Ensilage de maïs
A ce stade, effectuer simplement une première estimation de la récolte en fonction de l’état de la culture.

Exemple
Ensilage de mais (30% MS)= 220 kg de MS/m3

Grain
Cuber les cellules et multiplier par le poids spécifique.

Exemples
Poids spécifique en kg/m3
Blé : 750 à 850 Orge : 650 à 750
Maïs : 750 à 850
Colza : 600 à 690
Tournesol : 380 à 485
Soja : 680 à 780
Pois : 750 à 850

Evaluer les besoins des troupeaux

❚ Constituer des lots d’animaux à mêmes besoins et les comptabiliser.

❚ Affecter les meilleurs fourrages aux animaux à plus forts besoins.

❚  Économies possibles : certaines catégories d’animaux (vaches ou brebis à l’entretien, génisses en cycle long) peuvent être nourries avec des fourrages médiocres complémentés (paille + céréale).

❚  Anticiper les réformes des animaux peu productifs (vaches vides, à cellules,…) sans compromettre l’avenir du troupeau en ayant une réflexion économique si l’achat de fourrage s’avérait nécessaire.

Comme pour les stocks, les besoins s’évaluent en tonnes de matière sèche

✓ Vache laitière : 14 kg de MS /jour
✓ Vache allaitante : 12 kg de MS/j
✓ Jeune bovin de plus de 2 ans : 10 kg de MS/j
✓ Jeune bovin de 1 à 2 ans : 7 kg de MS/j
✓ Jeune bovin de – 1 an : 4 kg de MS/j
✓ Brebis ou chèvre : 2 kg de MS/ j

Préserver la pérennité des prairies face aux conditions difficiles de sécheresse !

Bien gérer le pâturage, c’est préserver le « capital herbe ». Les fortes températures, le manque d’eau depuis le début du mois de juin  ont provoqué le ralentissement voire l’arrêt de la pousse de l’herbe sur certaines zones du département. Les précipitations irrégulières en quantité sur le département peuvent amener certains éleveurs à malmener les prairies. Il faut rappeler que dans ces moments, c’est la plante qui souffre le plus. Les prairies ont une capacité de régénération étonnante, même avec des talles qui semblent grillées, à condition de ne pas sur-paturer (5 à 6 cm de hauteur talon). Les feuilles d’herbe, même sèches, protègent efficacement le sol contre la montée en température en plein soleil (ombrage et effet isolant) et préservent efficacement les systèmes racinaires de la chaleur. Elles limiteront aussi la levée de mauvaise herbe lorsque la pluie permettra la pousse de l’herbe. Ne pas faire racler permet de préserver les réserves accumulées dans le bas de la tige et dans les racines. Un sur-pâturage va obliger la plante à puiser des réserves dans le système racinaire qui va remonter à la surface ce qui peut en condition estivale sèche détruire la prairie.

Préserver ses prairies permettra de limiter les rénovations qui sont onéreuses avec des réussites très aléatoires et de mieux assurer la couverture des besoins des animaux avec une complémentation en fourrage ( foin enrubannage).

Les leviers à actionner pour préserver vos prairies

Ralentir le rythme des animaux sur les parcelles en agrandissant les surfaces en intégrant les regains tout en maintenant le pâturage tournant.
Augmenter la complémentation.
En dernier recours, choisir une parcelle dégradée dite «  parcelle parking « de préférence à l’ombre  pour affourager en restant vigilant sur l’abreuvement. Cette parcelle sera « sacrifiée «  pour préserver les autres et pourra être rénovée.
Ce choix permettra une repousse après les prochaines pluies. Le pâturage tournant pourra alors redémarrer en respectant un temps de séjour de moins de 6 jours sur les parcelles.
Pensez aux cultures d’été rapidement après les moissons. Les semis doivent être réalisés  avec des conditions de pluviométrie suffisante ( voir  article sur les cultures d’été du 30 juin 2017). Le moha /trèfle d’alexandrie ou le colza fourrager peuvent être des alternatives intéressantes pour un pacage septembre/octobre avant l’implantation de céréales ou méteils.

Focus sur les bonnes pratiques à adopter en cas de fortes chaleurs

Les animaux souffrent davantage des températures très élevées que du froid. La baisse de production de lait en vaches laitières est estimée entre 10 et 20 %. Il faut donc rester vigilant pour garantir aux animaux un maximum de bien-être.

Bien approvisionner en eau propre et Privilégier l’ombre et la fraîcheur

En période de fortes chaleurs, les besoins des animaux en eau sont fortement accrus. Pour une température de 30°C, ils doublent par rapport à l’hiver, pour une même alimentation. Ainsi, une vache en lactation peut consommer plus de 150 litres d’eau par jour, une brebis 16 litres. Au pâturage, les parcelles disposants de zones ombragées (naturelles ou artificielles) sont à privilégier. Un coup de chaleur provoque une forte diminution de l’appétit qui peut atteindre 25 %.

Décaler les horaires de déplacement des animaux
Si les bêtes rentrent et sortent pour la traite ou la tétée, privilégier le pâturage de nuit et laisser les vaches à l’intérieur la journée.

Les heures de traite peuvent également être décalées pour profiter de températures moins étouffantes : plus tôt le matin et un peu plus tard le soir. D’une manière générale, toutes les manipulations sont à éviter en début et milieu d’après-midi. En pleine chaleur, les animaux semblent accablés par les températures élevées de même que les chiens et les hommes !


Transport des animaux : rappel de la réglementation en vigueur

Lors des périodes chaudes, une attention particulière doit être portée au système de ventilation passif qui pourrait se révéler insuffisant, à l’abreuvement et aux densités de chargement.
Les densités de chargement pourront être diminuées et les trajets en milieu de journée seront à éviter (sauf si le véhicule fermé est à une température maîtrisée).

Il est rappelé que le seuil réglementaire est de 30°C à l’intérieur du véhicule pour les transports de plus de 8h de bovins, ovins, caprins, porcins et équins avec une tolérance de 5°C à apprécier en fonction de la température extérieure.

Dossier réalisé par Martine Roy, Patrick Béral et Jean-Marc Paillas

 

Programme réalisé avec le concours financier du CasDAR.