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Jean-Marc Cescon remporte le sabot de bronze

Vingt ans de suivi technique mis à l’honneur

Depuis plus de 20 ans, Jean-Marc Cescon, éleveur limousin à Daumzan-sur-Arize, est suivi par la Chambre d’agriculture dans le cadre du contrôle de performance. En mai dernier, il recevait le Sabot de bronze aux côtés de Martine Roy, conseillère en Elevage. Ce titre récompense le binôme éleveur -technicien au vu des résultats techniques et de leurs évolutions.  Ces années de sélection lui ont permis de se démarquer. Il nous explique ses orientations et la plus-value apportée.

En 1994, Jean-Marc Cescon, quitte son emploi d’ouvrier agricole pour se consacrer pleinement à son exploitation agricole. Il  fait le choix de créer un élevage limousin et d’arrêter son atelier de veaux de boucherie. « J’ai acheté des vaches d’un peu partout, du tout-venant comme on dit ». Un choix centré sur le volet économique au détriment du niveau génétique du cheptel.
Pour apporter une plus-value à ses animaux, Jean-Marc adhère au contrôle de performance. Ses objectifs de sélection : la docilité, la production laitière, la croissance et le développement. « La production laitière a toujours été mon cheval de bataille. Si la vache n’a pas de bons index sur ce critère, aussi bonne qu’elle soit, c’est des kilos d’aliment supplémentaires pour son veau, donc un coût de production plus élevé ».

 

Le contrôle de performance : un outil pour la sélection des animaux

Dès 1998, soit 4 ans après son installation, Jean-Marc adhère au contrôle de performance. A chaque campagne, les veaux sont pesés à trois reprises, janvier, mars et juillet, dans l’objectif de mesurer la production laitière de la mère et la croissance du veau, donc son potentiel génétique. « Je réalise moi-même les pesées. La bascule a été achetée en CUMA et amortie depuis longtemps. Je pèse ainsi quand j’ai envie, un jour où il pleut, ou que j’ai davantage le temps » présente l’éleveur.

Les résultats de ces pesées sont la base du contrôle de performance. « La première pesée doit être réalisée avant les quatre mois du premier veau, et les deux suivantes à 60 jours d’intervalle à minima. Des extrapolations sont ensuite réalisées pour avoir les poids types à 120 et 210 jours, étape nécessaire pour comparer les veaux sur l’exploitation et par rapport à la race » précise Martine Roy, conseillère Elevage.
En parallèle, les animaux sont pointés « cette étape permet de décrire la morphologie de chacun dans l’objectif de corriger les postes critiques : viande, squelette et aptitudes fonctionnelles ».
A partir de ces données, de la valeur génétique de la mère et du père et des index des veaux, l’éleveur et le conseiller travaillent ensemble au choix des futurs reproducteurs. Une étape cruciale, bâtie en fonction des critères de sélection de l’éleveur « nous sommes toujours en désaccord sur quelques vêles. Les résultats des pesées et du pointage sont là pour ramener la valeur génétique de l’animal au cœur des débats ».
C’est vingt années de sélection génétique des animaux sont sans appel : des résultats probants avec un poids des veaux de 324 kg à 210 jours, soit 50 kg au-dessus du poids moyen de la race.

L’achat de taureaux en co-propriété

Malicieux, Vazy-ed, Fleuron, Engy… sont chacuns des taureaux de ferme avec le point commun d’avoir été achetés en copropriété. Ces taureaux sont ainsi autorisés en insémination artificielle sur les fermes des propriétaires. Chacun d’entre-eux a transmis sa valeur génétique sur le troupeau existant avec une plus ou moins grande satisfaction selon l’éleveur « Les gènes du taureau sont mesurables après la mise à la reproduction des femelles nées. Aujourd’hui grâce à la génomie, on arrive à connaître la valeur génétique des animaux plus rapidement, même si ce procédé reste encore récent à mon sens ».
Sur l’exploitation, 5 à 6 taureaux sont également présents par campagne, ce qui lui permet de limiter d'éventuels aléas.

Après avoir travaillé les critères de production laitière, de croissance et de développement, l'éleveur cherche à présent à remettre de la viande pour augmenter la part des morceaux nobles (filets, entrecôtes et une partie de l’arrière-main). « L’ossature est antagoniste à la viande. Il faut réussir à fixer le développement avant de travailler sur la viande » précise Martine Roy, par rapport aux orientations que c’était fixé Jean-Marc.
Dans le choix des futurs reproducteurs, Jean-Marc souhaite ainsi faire évoluer ce critère « trouver le taureau qui garde le format et qui met de la viande, c’est compliqué ».

Une vraie plus-value sur la vente des animaux

Ce travail de sélection a un coût en terme de temps, d’engagement et de prestations de conseil. Mais c’est avant tout une valeur ajoutée supplémentaire pour l’éleveur « Les mâles sont commercialisés en broutard à 300 kg. A six mois ½, 80 % des veaux sont partis. J’ai gagné trois mois, c’est les 50 kg gagnés avec la génétique. Sur les vaches de réforme, j’ai gagné 100 kg en moyenne par carcasse. Les vaches retransforment mieux l’alimentation qu’elles mangent ».

Taureau stérile la première année, retournement de matrice… L'agriculteur connaît malgré tout des difficultés sur son élevage mais la plus-value sur la vente de ces animaux lui permet de sortir son épingle du jeu.

En mai dernier, à l’occasion des Saint-Gironnades, Jean-Marc Cescon et Martine Roy ont été médaillés du sabot de bronze « C’est la récompense de 25 ans de travail. Cela prouve également le travail du technicien et la pertinence du conseil apporté » concluait, Jean-Marc, avec émotion.

Le chiffre :

En Ariège, 40 % des  animaux sont en état civil donc avec une parenté connue.
Seulement 2 500 vaches sont en contrôle de performance toutes races confondues soit 7 % du troupeau ariègeois.

Gaëlle Comminges

Programme réalisé avec le concours financier du CasDAR.