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Innov’action : utilisation du bois construction dans les bâtiments agricoles

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Jeudi 3 octobre 2019 s’est tenu une journée Innov’action organisée par la Chambre d’agriculture de l’Ariège, sur l’exploitation du GAEC de la Marzinière à Arignac.

 

Installé depuis 2003 puis rejoint par sa compagne en 2010, Jean-Barnard Escalière est à la tête d'un troupeau bovins et d'un cheptel ovins à Arignac.

Création de deux bâtiments

Depuis 15 ans, Jean-Bernard Escalière a construit deux bâtiments afin de répondre aux besoins de son exploitation : extension de la bergerie et mise en place d'une zone de stockage.  En 2015, les agriculteurs ont souhaité passer un nouveau cap, en équipant  les toitures de leurs infrastructures en panneaux photovoltaïques.

 

    

 

L'ambiance des bâtiments, un élément clé en élevage

En parallèle de ces installations, Jean-Bernard Escalière souhaite améliorer l'ambiance au sein de ces bâtiments. Car il le sait : améliorer les conditions de vies des bêtes apportera une plus-value à ses productions. C'est pourquoi en 2018, il sollicite l'EURL WEINGARTNER Melchior afin de réaliser une charpente et un bardage en bois. Installée depuis 1996 à Varilhes, cette entreprise réalise divers types de chantiers en bois auprès des collectivités, des écoles, des autorités publiques et du monde agricole. Composée d'une dizaine salariés, la société réalise entre deux et trois bâtiments agricoles par an. Cette tendance à la hausse s'explique par les plus-values apportées par ce matériaux. un excellent régulateur thermique, mais également un excellent régulateur d’humidité. Il accumule de la chaleur pendant la journée tout en restituant de l’humidité tandis que le processus inverse entre en action la nuit. "L’été, les bâtiments équipés d’une charpente métalliques sont trop chauds pour pouvoir y travailler, tandis que l’hiver le froid et l’humidité ambiante rendent le travail pénible et difficile", témoigne Jean-Bernard Escalière. Il en va d’ailleurs de même pour le confort des animaux séjournant dans les bâtiments l’hiver. Pour ce qui est de l’isolation du bâtiment, l’exposition de ce dernier au GAEC de la Marzinière permet de s’en passer. De plus le bois joue un excellent rôle dans l’isolation phonique en absorbant le bruit plutôt qu’en le réverbérant.

Un projet mûri

La construction d'un bâtiment ne s'improvise pas. Jean-Bernard Escalière a mûri ce projet pendant plusieurs mois, afin qu'il réponde au mieux à ses conditions de travail  (hauteurs nécessaires, emplacement de l’allée, des cornadis).
La charpente du bâtiment a été réalisée avec du lamellé collé, technique qui consiste à coller plusieurs lamelles de bois les unes sur les autres puis de découper le résultat obtenu afin d’obtenir une poutre de la forme désirée. Ce procédé permet, entre autre, d’augmenter sensiblement les hauteurs de construction ainsi que de travailler sur de grandes largeurs sans nécessité de pylône de soutien (contrairement aux charpentes traditionnelles en bois ou métalliques). Autre avantage non négligeable : ce process permet de mieux répartir l’effort de la structure, en réduisant ce dernier sur la base bétonnée de la dalle. La conception des poutres en lamellé collé a été confiée à un lamelliste indépendant. Produits industriels, leurs coûts  suit une tendance à la baisse ces dernières années. Actuellement, le tarif est moindre dans les pays producteurs de bois du nord de l’Europe car la filière locale n’est pas suffisamment développée.
La technique du lamellé collé permet également de valoriser des bois de qualités inférieures à celles généralement demandées pour du bois qualifié de « bois d’œuvre ». Soucieux des questions environnementales et économiques, Melchior Weingartner souhaiterait autant que possible travailler avec du bois local, ou au moins du bois avec un bilan carbone aussi réduit que possible. Même si cela n’est pas toujours évident.

Un bâtiment aux multiples avantages

En plus des plus-values esthétiques et environnementale, construire un tel bâtiment se révèle particulièrement rapide. L'entreprise Weintgartner propose différentes formules pour la construction :  
• en kit : l’ensemble des pièces est livré et à monter soit même
• clé en main :  les employés réalisent les étapes du montage souhaité par l’acheteur.
Au Gaec de la Mazinière, l'EURL a ainsi monté la charpente ainsi que la couverture. Livré par l'entreprise, le bardage a, quant-à-lui, était posé par l'agriculteur. "Afin de valoriser les bois présents sur les exploitations, il est possible de faire intervenir une scierie mobile pour des bois de charpente comme de bardage", précise Melchior Weingartner.

 

 

Autre avantage de ce type de structure : le poids, inférieur à un bâtiment similaire construit avec une charpente métallique. Cela se veut particulièrement important, notamment en zone de montagne fréquemment enneigée car cela permet de réduire d’autant le poids sur la dalle. Pour du bois sec, il faut compter   550kg/m3, pour du Douglas, 600kg/m3, pour du sapin plus de 800kg/m3 contre 600 à
800kg/ équivalent m3 pour une charpente métallique, c’est l’une des raisons pour lesquelles Les charpentes réalisées par l’entreprise de M. Weingartner sont essentiellement faites en bois résineux. "Le montage de charpente en bois « dur » reste complexe" a expliqué le chef d’entreprise. "Le perçage reste difficile et la difficulté augmente quand le bois se densifie."

Un investissement à long terme

Au-delà des aspects techniques, les partenaires présents lors cet événement ont évoqué les questions financières. Tous s'accordent pour dresser le bilan suivant : le bois coûte aujourd'hui plus cher que le métal. En cause : le besoin de développement de la filière. Pour le monde agricole, "il serait favorable de travailler à sa structuration." En effet de nombreux bâtiments bois méritent que l’on fasse la promotion de ce matériaux. Pour autant, ce surplus financier doit être relativisé. "Les aides pour ce type de constructions se révèlent largement supérieures pour que les bâtiments conçus avec une structure métalliques", étayent les conseillers du Crédit agricole, présents lors de l'événement.  En effet lors de la déclaration auprès de la DDT il est demandé certains critères tels que la diminution de la consommation d’énergie, l'amélioration des conditions sanitaires de l’élevage ou encore l'amélioration des conditions de travail.

Ainsi, même si à l’heure actuelle le bois est légèrement plus coûteux pour les essences faciles à travail, la différence de prix est généralement prise en charge par les subventions qui sont supérieures pour ces bâtiments. "Ce n’est qu’en travaillant avec le bois que les industriels qui ont la capacité de travail pour transformer la matière première s’installeront dans la région. Le bois est donc une matière qui mérite que l’on s’y attarde malgré le manque évident de filière construite, la différence de prix reste réduite et les bienfaits sur l’ambiance dans les bâtiments évidente", conclut les acteurs.