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Innov'Action : retour sur trois ans de suivis des mûriers blancs

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Le 1er septembre 2020 S’est déroulée la matinée Innov'Action sur l’exploitation agricole du GAEC AUTHIER. L’objectif de cette journée technique : revenir sur les 3 années de croissance et de gestion de la parcelle expérimentale de mûriers blanc. Depuis 2015 la chambre d’agriculture de l’Ariège ainsi que de nombreux partenaires (INRAE Montpellier, IDELE Montpellier et Institut de Développement Forestier) travaille sur le projet d’inclure l’Arbre comme outil d’autonomie alimentaire et de bien-être animal. L’installation d’arbres fourragers via l’implantation de mûriers blanc est l’une d’entre elles.

Mais afin de ne pas être redondant l’objectif de la matinée a été de montrer que le mûrier blanc peut se combiner à d’autres essais.

En effet, la parcelle est installée sur une plantation agroforestière et grâce aux interlignes, le cheptel est conduit en pâturage tournant. De ce fait les membres du GAEC AUTHIER ont intégré les plants de mûriers blanc sur cette prairie aujourd’hui semée en Sorgho fourrager. Cette matinée a donc été divisée en quatre ateliers.

Un retour sur 3 années de croissance des mûriers

La plantation de muriers blanc a eu lieu en avril 2017. Ce sont donc trois saisons de végétation qui se sont déroulées. Nous avons peu à peu adapté l’expérimentation de façon à faciliter la gestion de la parcelle. Les retours de Marcel et Jean-Baptiste AUTHIER sont précieux. En effet, plusieurs points ont été revus comme :

  • La gestion de l’enherbement passé de mécanisé à pâturé
  • Le système de récolte à l’origine prévu pour de l’ensilage puis pâturé
  • Les coupes d’uniformisations prévues à 50 cm de hauteur seront testées sur certains plants au ras du sol, afin de favoriser un foisonnement plus important des repousses.

Ce qu’il faut retenir c’est que l’ensemble des acteurs de ce projet ont désormais suffisamment de recul pour proposer des formations et des accompagnements personnalisés. Cependant il reste beaucoup de piste à explorer, et l’intérêt qu’a suscité cette expérimentation nous motive à pousser sur du plus long terme cette thématique.

Une étude en direct de l’enracinement des plants via une fosse pédologique

Les plants ont été installés en avril 2017, au stade n+2. C’est-à-dire que les mûriers ont été plantés deux ans après la levée de la graine. Cette notion est importante car elle permet d’avoir des plants sélectionnés, robustes. Cela nous garantit lors de la plantation un taux de reprise élevé (ceci est d’autant plus vrai si le travail du sol est bien réalisé avant la plantation). Du fait que la plantation avait pour but d’être récoltée annuellement sur une installation pérenne, le suivi des mesures de croissance s’est focalisé la première année sur le diamètre des tiges et la croissance des branches. C’est pourquoi sur la proposition d’un des conseillers agronomie de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège nous avons été voir ce qui se passait sous les tiges.

C’est avec une grande surprise que nous avons pu constater que des racines fines descendaient jusqu’à 1.50m. Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est que les conditions de croissance de ces mûriers sont assez extrêmes :

  • Là où la fosse est creusée (et donc où sont plantés une partie des Mûriers) le sol est très tassé car c’était l’entrée du champ
  • Le travail du sol avant la plantation avait pour profondeur maximale 60cm
  • Il n’y a pas eu d’irrigation du tout sur la parcelle
  • Le diamètre de la racine principale est pratiquement de 5cm

 

Tous ces points vus en direct nous ont permis de confirmer que le Mûrier est une essence très rustique, et c’est surement ce qui explique ses différentes réactions vis-à-vis des conditions climatiques et des différents pâturages qu’elle subit.

 

Un focus sur les autres expérimentations concernant les mûriers blanc menée par l’AFAF

Par chance Agrosyl et plus particulièrement l’expérimentation sur les mûriers ont suscité beaucoup d’intérêt dans d’autre département et structures. C’est pourquoi nous avons pu avoir la chance de faire intervenir Philippe BRION, chargé de Mission pour l’AFAF (Association Française d’AgroForesterie) qui mène des suivis sur l’utilisation du Mûrier blanc en agroforesterie.

Ce qui diffère de notre expérimentation c’est notamment :

  • La pluralité des variétés et origines des Mûriers blancs implantés
  • Le fait que les suivis soit sur plusieurs exploitations et plusieurs départements
  • Le partage quasi en direct de ces suivis via un site spécifique « Landfile agroforesterie» permettant à la fois aux agriculteurs et aux conseillers de voir ces évolutions sur les différents départements.

 

Le partage de connaissances avec Philippe BRION ne s’est pas arrêté là. En effet ce dernier a géré une pépinière forestière pendant une dizaine d’année, et ses connaissances en multiplication de végétaux ont donnés satisfaction à de nombreuses questions posées par le public présent. Semis, boutures, préparation des substrats techniques de multiplications etc… C’est donc avec plaisir que nous savons qu’il y a d’autres essais ailleurs en France !

Un retour sur l’expérimentation d’installation de différentes variétés de Sorgho fourrager menée par la société Barenburg

Toujours dans l’optique de se diriger vers l’autonomie fourragère des élevages, le GAEC AUTHIER appuyé par la Société Barenburg a implanté différentes variétés de Sorgho fourrager. L’implantation agroforestière de la parcelle a permis tout comme les parcs de pâturage, d’établir les surfaces de semis des différents Sorgho. Vanessa LE MOIGNIER de la Société Barenburg a donc pu revenir sur les caractéristiques des variétés et sur les conduites menées par Marcel et Jean-Baptiste sur cette parcelle.

Au vu des conditions météorologique de l’été 2020, ce qui peut être retenu de cette expérimentation c’est notamment :

  • Un essai variétal à ensilé
  • Trois variétés pâturées combinées aux Mûriers ont permis de tenir l’été pour environ 60 vaches pour un équivalent de 6 à 8 tonnes valorisée en pâturage
  • Et surtout le plus important, ils n’ont pas séché malgré le manque d’eau en saison estivale et avec très peu d’eau ils sont repartis à la première pluie

Nous pouvons donc conclure que cette journée Innov’action d’une part à lancé les journées Ambassadeurs Innov’Action, mais a aussi démontré l’intérêt que suscite la thématique autonomie fourragère via les Mûriers blancs. Les conditions de croissances et les résultats observés montrent que c’est très certainement une essence d’avenir dans l’alimentation et le bien-être animal, cependant attention à ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. C’est pourquoi de savoir qu’il existe d’autres modalités dont on peut s’inspirer est engageant et rassurant. Par ailleurs, intégrer dans sa gestion de ressource fourragère les arbres tels que les mûriers ainsi que des plantes annuelles adaptées à des climats plus secs sont sûrement des combos gagnant pour les années à venir, tout en anticipant les changements climatiques.