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Hébergement touristique : chambres d’hôtes à la ferme, et si vous vous lanciez ?

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Présentation, analyse, étude de cas et témoignage

Diversifier votre exploitation agricole avec un projet d’hébergement touristique vous attire et pourtant vous ne savez pas par où commencer ?

Sachez tout d’abord, qu’un projet d’accueil se réfléchit. Comme tout projet , il comporte des risques, requiert des compétences et se mesure, se pense, s’évalue.
Une étape de réflexion s’impose donc avant toute chose, étape au cours de laquelle il convient de se poser les bonnes questions : « en vous lançant dans une nouvelle activité en complément de l’autre, arriverez-vous à maîtriser correctement les deux ? Pourquoi voulez-vous créer une activité de tourisme à la ferme ? Êtes-vous à la recherche d’un complément de revenu ? Recherchez-vous des contacts, une ouverture vers l’extérieur ? Le projet est-il adapté à votre temps disponible ?… » autant de questions à se poser car, avant de se lancer, il faut être au clair avec ses attentes et clarifier ses objectifs de départ. C’est à cette condition que vous pourrez ensuite interpréter le prévisionnel économique de votre projet. Pour exemple, les résultats modestes d’un gîte rural peuvent être tout à fait satisfaisants pour un propriétaire ayant un objectif « patrimonial » et, inversement, décevants pour celui ayant un objectif de « revenu ».

Chambre d’hôtes : un complément de revenu au prix d’une grande disponibilité

A la différence de certaines formules d’accueil à la ferme, il faut avoir conscience que le projet de chambres d’hôtes est avant tout un projet impliquant l’ensemble de la famille et qui doit être porté par tous ses membres. « Mon conjoint va-t-il accepter la présence régulière « d’étrangers » à la maison ? Le travail demandé est-il compatible avec des enfants en bas âge ? » Ces questions sont essentielles. En effet, cet accueil requiert une grande disponibilité et il n’est pas rare que les structures qui proposent une table d’hôtes consacrent au minimum huit heures par jour à l’accueil de leurs hôtes. 

Mais ce temps est plutôt bien rémunéré. Ainsi, le revenu moyen est de 2 400€ par chambre avec table, contre environ 1 200€ par chambre sans la table. Autre avantage de la table : sa présence permet de « fixer » la clientèle et d’augmenter le taux de remplissage moyen d’environ vingt nuitées supplémentaires par chambre. Qui plus est, les clients apprécient cette prestation puisque environ 60% d’entre eux profitent de ce service. La condition cependant : proposer une tarification raisonnable de vos repas (20 € TTC en moyenne) que vous avez tout intérêt à valoriser avec des produits issus de votre ferme ou des exploitations agricoles voisines.

Mais l’investissement financier doit être bien maîtrisé…

L’investissement moyen reste élevé : environ 12 200€ par chambre, un peu plus avec une table d’hôtes. Ce montant dépend étroitement du niveau d’équipement : il est de l’ordre de 3 600€ pour des chambres 1 épi ; il dépasse les 17 300€ pour les 3 épis, du fait de la construction de salles de bains privatives et du niveau de confort recherché. Attention toutefois à ne pas vous rendre prisonnier d’un investissement trop lourd car les charges afférentes amputent en moyenne près d’1/3 du produit dégagé.

Si les résultats économiques semblent témoigner en faveur des chambres d’hôtes avec table d’hôtes, ne pas en proposer ne condamne pas pour autant cette activité. L’accueil sans table d’hôtes reste cependant davantage sous l’influence du facteur « investissement ». Outre le complément de revenu, l’activité « chambres d’hôtes » permet de valoriser un patrimoine - au même titre que les gîtes ruraux, mais avec une rentabilité nettement plus élevée que ces derniers - et de rencontrer de nouvelles personnes… Le revenu qui en découle est étroitement lié au nombre de chambres disponibles et à la qualité de l’accueil.


Pour plus d’informations, contactez Nathalie Roussigné au 05 61 02 14 00.
Dossier réalisé  par Nathalie Roussigné.

Mettez toutes les chances de votre côté : quelques clés de réussite…

❚ Aménager une partie privative dans sa maison d’habitation afin de préserver son « jardin secret ».
❚ La proximité de la structure d’accueil avec les axes routiers passants est primordiale.
❚ L’implantation d’une bonne signalétique en bord de route est importante.
❚ L’utilisation d’internet pour assurer sa  promotion est aujourd’hui un passage obligé.
❚ L’affiliation à une démarche de qualité (label) est fortement conseillée de manière à bénéficier de la confiance du consommateur.
❚ Il convient d’imposer des règles de fonctionnement dans la maison et s’y tenir.
❚ Faire un effort sur l’organisation interne et établir des protocole pour chaque tâche professionnelle, cela vous permettra d’être plus efficace dans la gestion du temps et des imprévus.
❚ Construire son originalité, se démarquer commercialement, diversifier ses services en jouant la carte de la qualité « fermière » de sa structure d’accueil.

Etude de cas

Pascale et Laurent cherchent à développer une activité de table d’hôtes

Producteurs de porcs en transformation charcutière, Pascale et Laurent, envisagent l’arrêt des marchés fermiers locaux qu’ils assurent à hauteur de 5 jours par semaine, au profit de la valorisation de leur production pour les clients en table d’hôtes.

Les objectifs
❚ Valoriser la production (frais et charcuterie) en table d’hôtes
❚ Recentrer la vente directe de produits charcutiers transformés sur le point de vente à la ferme

Le projet
❚ Aménager 3 chambres d’hôtes avec salle d’eau et wc privatifs à l’étage de la maison d’habitation
❚ Utiliser la grande salle à manger pour l’accueil des repas (petits déjeuners et repas du soir) et installer un coin salon réservé aux hôtes près de la cheminée
❚ Réserver le salon existant à l’usage privé

Ils font chiffrer les investissements

Les travaux sont raisonnables. Il convient de décloisonner les pièces existantes pour créer 3 chambres spacieuses (18 à 22 m² hors sanitaires) pourvues chacune d’une salle d’eau et d’un toilette. Les travaux de maçonnerie, isolation, plomberie, raccord à la fosse septique toutes eaux seront réalisés par des entreprises. Les postes pose-menuiserie, carrelage-peinture et finition-décoration seront assurés par le couple ; soit un coût total de 48 000 € HT.

Ils négocient avec la banque

Emprunt de 54 000 € à 2,60% sur 15 ans. Ils optent pour un différé d’un an d’amortissement en capital. Ils ne paieront que les intérêts la première année, soit 1 404 €, puis 4 393 € d’annuité sur 14 ans.

Ils étudient le marché des chambres d’hôtes sur leur secteur

Le marché des chambres d’hôtes sur leur secteur :
Location de 110 nuitées / an et 70% mangent en table d’hôtes
Prix de 54 € ht par nuitée (2 pers) et 85 € ht en ½ pension (2 pers).

 

Par chambre

2017

2018

A partir de 2019

Fréquentation

41 nuitées en ½ pension
17 nuitées seules

56 nuitées en ½ pension
24 nuitées seules

77 nuitées en ½ pension
33 nuitées seules

Produit HT/ch

4 403 €

6 542 €

8 327 €

Charges

2 100 €

3 120 €

3 600 €

EBE

2 303 €

3 422 €

4 727 €

EBE pour 3 chambres

6 909 €

10 266 €

14 181 €

Annuités

1 404 €

4 393 €

4 393 €

Revenu disponible

5 504 €

5 873 €

9 788 €

Pascale et Laurent constatent que dans 3 ans, ils arriveront à dégager autant que sur les marchés et partent du constat que :
❚ une partie de la production sera écoulée en table d’hôtes,
❚ ils valorisent leur patrimoine tout en continuant à s’enrichir au contact de leurs hôtes.
❚ ces données ne tiennent pas compte des ventes qui seront induites par le point de vente à la ferme : les hôtes repartiront certainement après un achat en boutique
❚ l’arrêt des marchés (estimé à environ 2400 h par an) leur libère assez de temps pour assurer l’accueil en chambre d’hôtes, accueil qui se concentrera sur 6 mois dans l’année.

Témoignage

C’est à Sainte-Foi, sur les contreforts de Mirepoix, que Florence Gaillard s’est lancée il y a 13 ans dans l’activité « chambres d’hôtes » ; tout d’abord comme aide familiale puis en s’installant agricultrice en 2010 dans le GAEC de la Trille, spécialisé dans la production bovin viande, de race limousine, et la vente directe.

Aujourd’hui, Florence s’occupe du fonctionnement de cinq chambres et d’une table d’hôtes.
En débutant cette activité, Florence, biologiste de formation, ne connaissait pas grande chose à l’accueil. Elle a très tôt pris le parti de saisir les opportunités qui se présentaient à elle. Aussi lorsque les clients ont réclamé la table d’hôte, elle a relevé le défi : « au début, on dépanne les hôtes. Il est tard et on veut leur faire plaisir. Ensuite, quand on prend la décision de servir une prestation, on se doit de proposer un service de qualité. Sur ce point, la clientèle est très exigeante ». Pour Florence, l’organisation et la rigueur sont les qualités à mobiliser pour ne pas se laisser déborder : « je me mets à cuisiner tous les jours dès 14h00 en commençant par la préparation du petit déjeuner : pain, brioches et yaourts. Quand j’ai la table d’hôte réservée, j’enchaîne sur la préparation du repas du soir. La tablée est dressée à 18h30 et les entrées sont préparées dans la foulée. Le repas, que je prends avec mes hôtes, est servi à 19h30 et se termine à 22h00 avec le café ou l’infusion. Une fois, que tout le monde est parti, je débarrasse la table, fais la vaisselle et dresse la table du petit déjeuner pour le lendemain ». La réputation de la table d’hôtes de fixer et de développer des séjours plus longs est aussi vérifiée au Domaine de la Trille. En effet, « la table d’hôtes, c’est un plus. C’est une véritable vitrine pour les produits de l’exploitation. Elle nous donne l’occasion de discuter avec nos hôtes qui sont curieux du monde agricole qui n’a pas toujours bonne presse. Il est important de rétablir la vérité sur nos pratiques d’élevage. Il faut aussi les sensibiliser à consommer différemment dans une démarche de qualité solidaire des producteurs » explique Florence.
Côté clientèle, la tendance confirme bien une provenance et un profil-type très marqués : essentiellement des couples en hors-saison et le tout public en été (dont famille), provenant des grandes régions du sud de l’axe Bordeaux/Lyon.

Certainement dû à l’effet crise et au message renvoyé par les émissions de télévison médiatisant l’activité des maisons d’hôtes, Florence note que le niveau d’exigence de la clientèle est beaucoup plus important aujourd’hui « les hôtes demandent un service irréprochable à des tarifs corrects.

Ils nous sollicitent aussi pour organiser leur journée de vacances car peu organisent leur séjour à l'avance. Tout cela nous pousse à nous professionnaliser dans l’accueil, tout en assurant la gestion administrative et financière de notre structure ». 

A la question, que conseilleriez-vous à un porteur de projet intéressé par l’aménagement de chambres d’hôtes, Florence Gaillard a répondu sans hésiter « il faut partir avec une grande disponibilité car cette activité consomme beaucoup de temps, sans quoi, cela ne peut pas marcher et enfin je conseillerais de conserver une partie privative bien distincte dans la maison. Nous avons récemment refait une entrée indépendante afin d’avoir un minimum de croisements avec nos espaces privés. Pour conclure, je dirais que l’activité de chambres d’hôtes et de table d’hôte est très enrichissante. Elle permet à nos clients de découvrir la vie à la ferme et à nous, de mieux connaître leurs besoins et leurs envies ».

Bienvenue à la Ferme est le premier réseau français de vente directe et d’accueil à la ferme

En adhérant à « Bienvenue à la Ferme », les agriculteurs s’engagent à respecter les chartes correspondantes à leur activité d’accueil
et de production.

De son côté, le Service « Bienvenue à la Ferme » travaille sur la visibilité des structures adhérentes à l’échelle départementale, régionale et nationale en déployant des outils collectifs de promotion/communication et en travaillant sur des opérations commerciales réservées aux adhérents. Il crée également du lien et de l’échange entre agriculteurs d’un même Réseau et propose un appui technique personnalisé à chacun.
www.bienvenue-a-la-ferme.com - www.ariegepyrenees-alaferme.fr
Facebook – bienvenue à la ferme en Ariège

Formules TTC 2018

Produits de la Ferme : 171.60€
Fermes de Découverte ou Fermes Pédagogique :194.40€
Fermes Equestres : 171.60€
Fermes Auberges : 246.00€
Goûter / Casse-croûte à la Ferme : 152.40€
Camping à la Ferme : 152.40€
Gîte rural, gîte d’Etape et de Séjour : 146.40€
Chambres d’hôtes : 146.40€
Gîte rural et chambres d’hôtes double labélisation : 91.20€
Hébergement insolite : 146.40€

 

Programme réalisé avec le concours financier du CasDARet du Conseil départemental