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Groupes DEPHY: une année propice pour les blés bas intrants

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Les groupes DEPHY Polyculture Elevage et Grandes Cultures ont poursuivi leur travail sur la thématique des blés bas-intrants, objectif réduire l’utilisation des produits phytosanitaires tout en maintenant les marges brutes.

En effet, les céréales à paille sont très présentes dans les assolements des éleveurs du groupe DEPHY, pour produire du grain et de la paille, ainsi qu’allonger la rotation notamment sur les parcelles irriguées. Plusieurs leviers sont mis en place autour de la thématique, mais c’est le raisonnement des traitements fongicides et les mélanges variétaux qui ont été les thématiques principales de 2019. Avec environ 5% des blés cultivés en mélange variétal en France, cette pratique se développe ces dernières années dans certains secteurs.

Pour plus de rusticité : comment réaliser mon mélange variétal ?

•    Choisir des variétés de précocité « montaison et épiaison » équivalentes (+/- 0.5 sur le CTPS) pour ne pas rencontrer de problèmes lors du positionnement des fongicides (contre la fusariose par exemple) et lors de la récolte (pas de sur-maturité ou de sous-maturité d’une des variétés), 
•    En cas de volonté de désherbage d’automne à base de chlortoluron, s’assurer que toutes les variétés du mélange soient tolérantes
•    Choisir des variétés avec des productivités et des sensibilités aux maladies différentes, travailler sur l’association de variétés « sensible/productive » et « tolérante/moins productive » 
•    L’aristation des variétés n’a pas d’importance dans le choix des variétés. Les blés barbus sont censés être moins sensibles aux dégâts de sanglier dans les secteurs où ces derniers sont très présents. Il semble donc parfois intéressant de les associer. 
•    Choisir des variétés de hauteur différente et plus ou moins sensibles à la verse peut également permettre de cultiver des variétés sensibles à la verse. Ce choix permet aussi d’augmenter la compétitivité vis-à-vis des mauvaises herbes en limitant l’espace disponible et l’accès aux ressources (eau, lumière). 
 

En pratique, comment construire son mélange ?

1 - Conserver la « variété habituelle » de l’exploitation 
     ⇒ Associer au moins 3 variétés en proportion égale pour limiter les faiblesses de cette variété (maladies, verse) parmi les types suivants : 1 variété productive + 1 variété « qualité grain » + 1 variété rustique + 1 vieille variété « phare »
     ⇒ Eviter les risques importants de maladies : « 1 variété sensible pour 3 tolérantes ».

2 -Conserver la densité « habituelle » de semis en grains/m²

 

LES +LES -
Augmentation de la tolérance aux maladies du feuillage (septoriose et rouilles)
 → économies sur le poste fongicides

Sécurisation du rendement : le rendement du mélange est égal à la moyenne arithmétique des rendements purs des variétés du mélange 
(résultats essais «blé rustique» Ouest  France - 2003-2012). 

Un seul type de semences, pas de nettoyage du semoir entre parcelles. 
Même si les proportions du mélange ne sont pas les mêmes l’année N+1, le resemis du mélange est possible (en rajoutant de nouvelles variétés si besoin)
Certains organismes stockeurs ne veulent pas collecter le mélange pour des raisons de qualité, de connaissances de leurs stocks et d’exigences de leurs acheteurs

En cas d’achat de semences certifiées pour semer en mélange, risque accru d’inhalation de poussières de traitement de semences lors du mélange variétal.
 

 

Retour sur les essais mélanges variétaux en Ariège en 2019

4 parcelles de la plaine de l’Ariège ont accueilli un essai de mélange variétal de blé tendre. La variété témoin de l’agriculteur était confrontée  à un mélange de 4 variétés, utilisées dans le secteur, aux comportements complémentaires (maladies, qualité…). 

Après des levées homogènes sur les 4 parcelles, les rendements sont les suivants : 

Avec le même mélange semé dans les 4 parcelles, les rendements mesurés ne permettent pas de conclure cette année, les zones de sols très hétérogènes expliquent en partie ces différences importantes. A noter tout de même que les résultats sont très bons, avec des charges fongicides réduites (30 €/ha en moyenne). L’expérience sera renouvelée en 2020 pour identifier des tendances, mais les agriculteurs qui ont fait les essais ont déjà prévu de réutiliser le mélange moissonné pour les semis de fin 2019 !

Tour de plaine « Objectif 50€/ha de fongicides sur blé tendre » avec Loïc Doussat (CA 11).

Comme en 2018, un tour de plaine sur les traitements fongicides a été réalisé en présence de Loïc DOUSSAT (CA 11), début avril, sur plusieurs parcelles des membres des groupes DEPHY grandes Cultures et Polyculture Elevage. 
A retenir :
-    Faible pression maladies globalement en 2019 (aucune rouille observée le 13 avril, quelques rares taches de septoriose sur les feuilles inférieures). Par rapport à 2018, l’enveloppe fongicide a été très similaire (les maladies étaient arrivées en fin de cycle en 2018), car les pressions maladies étaient relativement faibles : rouille brune sur dernière feuille principalement, septoriose sur variétés sensibles essentiellement (Oregrain, Rebelde…).
-    Ne pas confondre maladies et marques physiologiques (dues au froid, aux désherbages…) ! 
-    S’abonner au BSV (Bulletin de Santé du Végétal) pour s’informer de l’état général des maladies
-    Intervenir avec un fongicides si et seulement si les seuils sont atteints (Arvalis – Institut du Végétal) !
-    Chiffrer en €/ha toute application de produits phytosanitaires pour se rendre compte de l’impact de chaque traitement sur la culture et sa marge brute.

Suite au tour de plaine, les parcelles visitées ont été suivies et les traitements déclenchés en respectant les seuils de traitements. Voici quelques exemples :

Txomin Elosegui, Conseiller agronomie