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Groupe DEPHY Polyculture Elevage : deux ans de travail sur les méteils fourragers

Retours sur les réussites et les échecs autour des méteils de l’année 2018.

Lancé en 2016 et fort de 11 agriculteurs, le groupe DEPHY PE poursuit son travail sur la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires et l’autonomie fourragère et protéique. En 2018 comme en 2017, plusieurs parcelles de méteils ont été suivies chez les agriculteurs partenaires, en réfléchissant  aux coûts d’implantation et de récolte, à la fertilisation, ou encore aux valeurs alimentaires des fourrages produits.
Retours sur les réussites et les échecs autour des méteils de l’année 2018.

Focus sur les essais « Composition du méteil fourrage » Chez Guillaume Durand à Mazères

Cinq mélanges différents ont étés semés dans la parcelle à la même date, avec l’objectif d’obtenir un fourrage équilibré pour la ration des génisses limousines de l’élevage. Le méteil a été positionné en interculture entre un blé tendre et un maïs semence.

❚ Précédent : blé tendre
❚ Travail du sol : déchaumeur à disques – chisel – semis en combiné Herse Rotative
❚ Semis : 20/10/2017
❚ Fertilisation : rien
❚ Récolte : fauche le 5/05/2018, fanage le 6/05/2018 et presse – enrubannage 7/05/2018.
❚ Résultats : les balles de chaque mélange ont été pesées (modalités de 1 ha) et les fourrages analysés par analyse chimique en laboratoire.

Les conclusions de l’essai

❚ Les levées de tous les mélanges ont été bonnes, et tous les mélanges comportaient 25 pieds/m² de protéagineux (seuil pour assurer une bonne proportion de légumineuses).
❚ Les mélanges à base de vesce commune ont les meilleurs résultats en MAT, avec un très bon développement en 2018. Concernant les UFL, les différences ne sont pas significatives entre les mélanges.
❚ Le mélange 4 à base de féverole et de vesce de Narbonne seul est le moins intéressant, peu couvrant, moins bon rendement et peu de protéines.
❚ Le pois protéagineux n’est pas intéressant en méteil fourrager (étouffé à la récolte).
❚ Le mélange N°5, fourni par Semence de Provence, comportait 50% d’espèces fourragères pluriannuelles (Ray-Grass, trèfles…), qui auraient pu s’exprimer en 2ème coupe (mais bande retournée pour faire du maïs semence).
❚ Le triticale et l’avoine se complètent bien dans les proportions choisies (80 kg/ha de triticale et 20 kg/ha d’avoine).

 

Des récoltes rendues difficiles par la météo en 2018

2018 restera dans les mémoires avec sa pluviométrie très importante jusqu’au mois de juillet. Comme les récoltes de foin, les chantiers d’enrubannage et surtout d’ensilage de méteil ont été énormément retardés dans certains secteurs.

Plusieurs éleveurs n’ont pu faire que de l’enrubanné, à des dates de fauche allant jusqu’au 10-15 juin. Les valeurs de ces fourrages seront inférieures aux valeurs habituelles obtenues (0,65-0,70 UFL ; 11-14 MAT…). Dans certains cas, les méteils ont été gardés jusqu’à la moisson pour ne pas récolter de fourrages de mauvaise qualité.
Plusieurs essais d’implantation de couverts ou de prairies dans les méteils en mars à la herse étrille étaient prévus mais aucun n’a pu être mis en place.

Méteils et semis direct

Le méteil fourrager se comporte très bien en semis direct : complémentarité céréales – légumineuses, fort pouvoir d’étouffement des adventices… Le choix du précédent pour éviter toute intervention mécanique ou chimique est important. Le sarrasin et les sorghos fourragers sont très adaptés : salissement maîtrisé, destruction des repousses aux premières gelées, peu de résidus au sol (semis facile)… Les gains de temps et de mécanisation sont importants par rapport à un itinéraire classique.

Gestion de la fertilité

En 2018, 2 parcelles ont été comparées au GAEC du Pic (même date de semis, récolte et composition du méteil) : une parcelle en semis direct précédent sorgho fourrager (2 coupes d’enrubanné) et une parcelle travaillée précédent orge. Les levées étaient identiques (plus de 80 % de levées dans les 2 parcelles), et les structures n’ont pas souffert d’excès d’eau cet hiver (terres d’alluvions filtrantes).
Récolté le 5 mai avant d’y implanter un tournesol, la partie précédent sorgho fourrager a produit 40 % de fourrage en moins que la parcelle précédent orge (2 tMS/ha contre 3.4 tMS/ha) : les exportations du sorgho ont pénalisé le méteil, et de plus, sans travail du sol, la minéralisation n’a pas été forte ce qui explique cette différence importante.

Dans le cas d’un précédent sorgho fourrager (1 à 2 coupes), prévoir donc un apport de fumier (10-15 t/ha en fonction de la production) ou de compost pour compenser les exportations, d’autant plus en semis direct.

Fertilisation des méteils

En conventionnel, la fertilisation des méteils est à privilégier si la proportion de légumineuses en sortie d’hiver est inférieure à 25 pieds/m². 30-40 UN/ha suffisent, au début de la montaison (épi 1 cm, début mars environ).

Suite à quelques observations, il semblerait que l’azote soufré soit à privilégier (effet positif sur le développement des légumineuses notamment). Aucune pesée n’a été réalisée, à confirmer en 2019 !

 

Txomin Elosegui