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Gestion de crise et projets collectifs : les élus se mobilisent

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Retour sur la session du 24 novembre dernier.

Réunis en session le 24 novembre dernier, les élus des différents collèges ont participé aux débats autour des orientations agricoles avec en préambule la présentation du rapport d’actualité. Celui-ci dresse ainsi un tour d’horizon des productions du département et de l’avancée des démarches collectives en cours. « Les céréales sont toujours dans une conjoncture délicate avec des prix de vente très bas. Sur les broutards, les cours se sont maintenus mais s’écroulent en cette fin de campagne » présentait François Toulis, Président de la Chambre d’agriculture, en portant une inquiétude particulière pour les agriculteurs en coteaux secs. « Les exploitants sur ces zones ont abandonné l’élevage au profit des grandes cultures. Les charges de mécanisation élevées, les rendements inférieurs ne permettent plus à présent de dégager un revenu suffisant. Du fait de l’abandon des cheptels, les agriculteurs se privent également des aides PAC liées aux productions animales ». Une tendance qui risque de se confirmer dans les années à venir. « Des opportunités seront à saisir à l’avenir avec la contractualisation sur de nouvelles productions : ovins lait, canard gras… Des ateliers complémentaires nécessaires pour assurer le maintien de l’agriculture dans ces zones ».

Le dossier prédation toujours au coeur des préoccupations

Sur le dossier prédation, François Toulis, a rappelé les travaux engagés (cf édition Terres d’Ariège du 15/12/2017) «  les pertes sont énormes pour 2017. Il faut travailler sur la question de l’indemnisation et des pertes indirectes. » Une problématique également relayée par la Préfecture au vu des chiffres noirs 2017 et du climat de tension sur le département « cet été a été particulièrement meurtrier avec 700 bêtes indemnisées, un chiffre quasiment multiplié par trois, nécessitant un travail important pour relayer la problématique sur le département et assurer une prise en compte de la réalité, avec l’attente de réponses concrètes » déclarait Marie Lajus Préfet de l’Ariège. Pour Rémi Denjean, Vice-président de la Chambre d’agriculture, l’analyse stricte du nombre d’animaux indemnisés reste, de plus, faussée au vu du nombre d’animaux manquants.

Reversement des centimes forestiers

Sur le fonctionnement de l’institution, c’est une nouvelle baisse des dotations à inscrire au budget prévisionnel 2018. Le projet de loi de finances prévoit, en effet, un reversement de l’intégralité des « centimes forestiers » collectés dans le cadre de la TATFNB. « Un point d’inflexion très important. Au-delà des baisses de l’impôt et des prélèvements sur le fonds de roulement opérés en 2017, ce versement des centimes forestiers représente 80 000 € pour notre département. Celui-ci impute nos capacités de financement sur les projets pour les agriculteurs et les territoires et nous contraint à mobiliser des ressources financières supplémentaires pour le développement des actions forestières » présentait Emmanuel Lecomte, directeur de la Chambre d’agriculture.

Gestion de crise des réserves d’eau pendant la campagne 2017

Boris Rouquet, membre du Bureau de la Chambre d’agriculture et responsable de la thématique eau/environnement revient sur le positionnement de la Chambre d’agriculture et de l'organisme unique face à la gestion de crise de la campagne irrigation.

« Un hiver doux, un manque de pluviométrie, une canicule précoce dès le mois de juin… la campagne irrigation 2017 a démarré très tôt avec des réserves à moins des deux tiers du niveau de remplissage pour Montbel et Mondely.


A partir du mois de janvier, une cellule vigilance s’est réunie sous l’égide de la Préfecture de l’Ariège, rapidement transformée en cellule de crise dès le démarrage de l’irrigation. L’année 2017 a été l’année la plus critique depuis la création du lac de Montbel. La volonté de la profession a été d’instaurer des restrictions des prélèvements d’eau avec des coupures des réseaux pour conserver l’eau pendant les périodes critiques pour l’agriculture (floraison). Sur la Lèze, des tours d’eau par binômes d’agriculteurs ont été instaurés. En parallèle, à titre dérogatoire, le DOE au Peyrat a été abaissé à 900 litres/seconde contre 1200 litres/seconde. Cette gestion rigoureuse et les 10 jours d’avance des cultures ont permis de mener au bout l’ensemble des parcellaires. Le système de quotas mis en place dans les départements limitrophes a contraint les agriculteurs à maintenir l’irrigation uniquement sur les cultures à forte valeur ajoutée.


Cette campagne irrigation doit nous amener à faire le bilan de cette année difficile et de se projeter vers d’autres campagnes de ce type. La gestion de l’eau relève également d’un cadre juridique complexe et souvent méconnu par les agriculteurs. Un forum de l’eau sera organisé durant l’année 2018 afin d’apporter l’information nécessaire et construire ensemble les orientations incontournables à inscrire dans ce contexte de changement climatique.


Au-delà des travaux engagés pour l’adduction du Touyre et l’abaissement permanent du DOE au Peyrat, les services de la Chambre d’agriculture poursuivent leur travail d’accompagnement et de concertation avec la profession, en lien avec l'Organisme Unique. Pour 2018, un nombre croissant de tensiomètres sera installé et suivi par les conseillers spécialisés pour des indications et conseils les plus précis possibles sur la gestion de l’irrigation.


Une autre piste est également axée sur le parc matériel des agriculteurs. La modernisation du matériel avec une gestion à distance et des coupures automatiques est également essentielle face à ces situations de crise. Pour cela des financements doivent être mobilisés pour accompagner les agriculteurs à poursuivre leurs actions pour optimiser l’eau et s’adapter plus facilement à de nouvelles restrictions journalières éventuelles ».

L'activité bois prend du sens pour l'ensemble des agriculteurs et des productions agricoles

A l’image des nombreux projets et démarches autour de la forêt, des arbres et du bois, Jean-Yves Bousquet, secrétaire général de la Chambre d’agriculture et Mehdi Bounab, chargé d’études ont porté d’une voix commune la présentation de ces actions et les orientations à venir.

«  La ressource en bois est un gisement présent sur vos exploitations. Quand on réfléchit à la mise en place d’un atelier complémentaire, il faut également valoriser ce potentiel. Cette réflexion est encore trop souvent écornée par le manque de connaissances juridiques de cette activité.
Filière bois bûche, valorisation du bois, mobilisation et mécanisation du bois, filière sapins de Noël bio, valorisation agricole du bois, agroforeterie, haies… sont autant d’actions soutenues par les services de la Chambre d’agriculture. Portées à travers le GIEE Bois Paysan ou à travers un accompagnement individualisé, ces démarches ont impacté plus de 50 agriculteurs en 2017.
Les premières actions se sont axées sur la mécanisation du chantier pour limiter la pénibilité du travail grâce notamment à l’utilisation commune de matériel via la Cuma environnementale. Durant l’année 2017, un partenariat a été créé avec le Service de Remplacement pour professionnaliser des agents sur l’abattage.

A travers ces différents projets, la recherche de valeur ajoutée est le principal fil conducteur. Se structurer, pour plus de visibilité, c’est la devise des membres de Bois Paysan Distribution commercialisant ainsi buchettes, allume-feux, bois barbecue auprès des grandes surfaces. Sur la filière des sapins de Noël bio, c’est un marché de plusieurs millions d’euros qui s’ouvre aux agriculteurs. Des organisations collectives, nécessaires pour le développement économique de ces filières et la vie de nos territoires.

Pour 2018, l’accompagnement technique se poursuit à travers notamment de nouvelles actions transversales tournées vers le sylvopastoralisme et l’agroforesterie.

L'arbre et le bois peuvent jouer un grand rôle pour répondre aux besoins d'autonomie alimentaire et fourragère des exploitations agricoles. Dans ce domaine des solutions innovantes sont proposées aux agriculteurs, par exemple le paillage bois ou la culture d'arbres fourragers ».


Gaëlle Comminges

Programme réalisé avec le concours financier du CasDAR.