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Élevage : zoom sur la filière laitière ariégeoise

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La filière lait ariégeoise se caractérise par une dynamique des transformateurs artisanaux, des affineurs situés essentiellement sur le Couserans, un nombre de producteurs laitiers en diminution au fil des ans, des producteurs fermiers qui représentent les futures installations en lait du département.

Comment le lait est-il collecté ?

Un tier du lait est collecté et transformé par trois grands transformateurs.

  • La fromagerie de la Core-Cazalas, située dans la vallée de Bethmale, est le plus grand collecteur de lait de vache de l’Ariège.
  • La fromagerie Bamalou, située dans cette même vallée appartenant  au groupe Sodiaal collecte majoritairement  son lait  dans le Comminges.
  • La fromagerie Jean Faup, située à Lorp-Sentaraille, collecte son lait en partie sur l’Ariège et sur le Comminges. Sa volonté est d’évoluer vers une collecte de lait foin/ pâture dont la majorité de ce type de producteurs se situe en Ariège.

 

Ces fromageries collectent essentiellement du lait cru de vache pour fabriquer « la Tome des Pyrénées au lait cru ». Elles assurent une valorisation lait cru de 23€ à 55€/1000L en fonction des laiteries. La fromagerie Faup valorise sa démarche lait sans ensilage à raison de 30€/1000L.
Quatre transformateurs de plus petites tailles co-existent également. Cela est notamment le cas du Moulin Gourmand à Engomer, qui collecte du lait de vache bio marque PNR à 600€/t et est en recherche d’un producteur de  80 000L.
Les affineurs comme le Moulis ou le Rogallais achètent la tomme fraîche aux grands transformateurs locaux ou à l’extérieur du département.     
Tous ces acteurs économiques commercialisent le fromage sous leurs propres marques : le Bamalou, le Toudeille, Jean Faup, l’Estive, le Moulis…

65% du lait quitte le département principalement en lait matière première  collecté par Lactalis et Sodiaal. Une partie est collectée par Onétic, coopérative basque, pour être valorisée en fromage pasteurisé.

La production bio est, quant à elle,  peu significative avec deux producteurs collectés et deux autres en cours de conversion.  

De 1200 producteurs de lait dans les années 80 on est passé à 50 points de collecte en 2020 !!! 90% de producteurs sont suivis par le Contrôle laitier et bénéficient d’un accompagnement technico-économique, maîtrise lait cru.

Trois schémas de production

 

   

Les grands troupeaux de plus de 80 vaches se situent le plus généralement en plaine en zéro pâturage avec comme race laitière dominante : la Prim’Holstein. Les éleveurs de taille moyenne -  45 vaches - sortent les bovins en pâture au printemps et nourrissent à l’ensilage de maïs l’hiver. Les éleveurs de montagne, dont les exploitations sont plus petites et comptent en moyenne  25 vaches, nourrissent leurs animaux avec de la pâture et du foin. On y  retrouve
15 producteurs fermiers produisant la tomme des Pyrénées au lait cru majoritairement sous la marque PNR. La Montbéliarde, la Brune des Alpes, la Brune d’origine, et l’Abondance dominent les deux derniers schémas de production.
Les différentes réformes de la PAC conjuguées à une mondialisation du prix payé sont en partie à l’origine du déclin des producteurs. La politique européenne, favorable aux primes en estive, n’incite pas l’installation d’éleveurs laitiers en zone montagne avec des prix payés de 400€/t tout comme l’on peut le constater sur Laguiole avec une APO qui revalorise le lait à 550€/t.   Au vu de l’âge des producteurs laitiers en activité, si la filière lait veut exister avec une production territoriale elle devra se réinventer avec les futures générations.