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Couverts végétaux : retour sur les réussites et les échecs de cet hiver

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Les couverts végétaux sont de plus en plus présents sur le département. Implantés initialement pour des aspects réglementaires, c’est de plus en plus l’impact positif sur l’ensemble du système de culture qui est recherché : limiter l’érosion, stocker du carbone, apporter de la matière organique, restituer des éléments minéraux aux cultures suivantes ou maintenir une structure de sol.

Les réussir signifie donc à la fois : biomasse élevée, développement équilibré d’espèces aux propriétés complémentaires, bon enracinement structurant le sol, couverture du sol faisant concurrence aux mauvaises herbes et facilité de destruction pour la préparation du semis des cultures d’été.

Retour sur l’année 2019, avec un hiver doux et assez bien arrosé, plutôt favorable à la croissance des couverts d’hiver.
La Chambre d’agriculture, par le biais de réseaux d’agriculteurs, s’est mise à la disposition des exploitants pour effectuer des prélèvements de couverts végétaux au printemps, avant le semis des cultures d’été.

Les cas observés

Les cas d’échecs : couvert de féverole chétif qui a du mal à se développer

Ce type de couvert, qui permet de respecter la réglementation zone vulnérable, n’a pas un grand intérêt agronomique.
Son coût d’implantation est estimé à 60 €/ha (semence + travail d’implantation). Son faible développement apporte peu de matière organique (0.4 T/ matière sèche/ha) et les restitutions potentielles d’azote, phosphore et potasse sont quasiment nulles.

Dans ce cas-là le coût du couvert n’est pas compensé par sa performance agronomique.

Ce type de développement peut s’expliquer par une date de semis trop tardive (mi-novembre), une densité de semis trop faible (moins de 100 kg /ha en pure), une qualité du lit de semence médiocre (préparation grossière ou semis trop profond) ou une structure de sol qui ne permet pas un bon enracinement. La destruction de ce couvert aura lieu au premier passage d’outil de travail du sol type et ne représentera aucune gêne.
 

Les cas de réussites : couvert de féverole très développé (semis à la volée 180 kg/ha mi-octobre et recouvert avec un décompacteur type cracker)

Ce type de couvert qui a produit 7.9 T/matière sèche/ha a un intérêt tout autre. Potentiellement il pourra restituer aux cultures suivantes 150 unités d’azote, 55 unités de phosphore et 355 unités de potasse (attention aux cycles de décomposition, tous les éléments ne sont pas assimilables immédiatement).

Ce type de couvert a permis de maintenir la structure du sol mais aussi de concurrencer énormément les adventices qui auraient pu
se développer sans sa présence.

La destruction de ce couvert pourra être effectuée par deux passages de déchaumeur à disques, en croisés, environ 15 jours avant le semis ou avec un rouleau avant un passage de dent. Les tiges des féveroles sont d’autant plus cassantes que la féverole est développée. Les résidus de féverole se décomposent très rapidement et ne représenteront pas une gêne au semis.
 

Autre cas de réussite : semis de trèfle à la volée (sur castreuse) dans le maïs semence au 15 août à 15 kg/ha


Ce couvert a produit 6.6 T/matière sèche/ha. Il aurait pu restituer 75 unités d’azote, 30 unités de potasse et 275 unités de phosphore. Mais il a aussi un intérêt de fourrage pour les animaux. 
Ce couvert de trèfle n’a nécessité aucun travail du sol pour son implantation et est valorisé comme alimentation du bétail.


Plus largement, ce qui a été observé cet hiver

Les couverts semés avant le 15 octobre sont plus développés. La structure du sol, la densité de semis et la qualité du semis est primordiale. Les couverts de féveroles ont été peu impactés par les maladies ce qui a permis un très bon développement sur les dernières semaines.

Pour la prochaine campagne, n’hésitez pas à semer vos couverts assez tôt (aux environs du 15 octobre), denses et diversifié pour concurrencer les adventices et avoir une bonne dynamique de germination.
Faites attention à la structure du sol, les couverts n’améliorent pas la structure, ils la maintiennent !

Tableau de différentes pesées de couvert


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