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Retour sur la journée du 3 avril, dédiée à l'amélioration du système de production laitier

Interview de Yann MARTINOT – Nutrionniste chez Elv’Up (Contrôle Laitier de l’Orne)
 

Quels sont les facteurs permettant de sécuriser le système de production laitier ?

Dans un premier temps, il faut savoir que les vaches sont des animaux capables de produire avec des rations simples. La capacité des animaux à produire c’est d’abord leur génétique. Ensuite, elles exprimeront leur potentiel si l’environnement est favorable et que les facteurs épigénétiques (influence du milieu sur le génome) sont  positifs.

On peut faire les meilleures rations du monde, si il n’y a pas une maitrise du potentiel épigénétique, on aura des animaux sous performants.

La non maitrise des plages critiques de l’élevage d’un animal entraine des sous-productions durables des troupeaux, c’est le zéro de moins. C’est-à-dire, quand il y a des problèmes dans les nurseries, on peut perdre jusqu’à 2000 litres de performance sur des animaux en ration identique. Sur la gestion des rations des vaches taries, on peut perdre jusqu’à 1500 litres sur la lactation qui suit. La ration doit être maîtrisée, avec un optimum en énergie et en azote.

En temps que nutritionniste, la première chose que je fais, c’est de construire des animaux efficaces, qui sont génétiquement programmés pour produire et épigénétiquement efficaces. Aujourd’hui, sur les troupeaux qui sont à 32 litres ou à 25 litres, on a parfois la même ration. La différence c’est tout ce qui est autour.

C’est un préalable, il n’y a pas de performance technico-économique sans des animaux qui sont capables de valoriser tout ce qu’on leur donne.

Et après ce sont des rations et fourrages de qualité. C'est à dire des fourrages qui sont adaptés au contexte pédoclimatique, bien récoltés et bien conservés.

 

Interview de Jean-Yves Bouquet - éleveur laitier


Quels sont les 3 points importants qui vous ont marqué ?

Dans un premier temps, ce que j’ai retenu de la journée est le tarissement des vaches laitières, où il faut mettre un accent sur l’attention que l’on peut leur apporter, qui conditionne la future lactation.

Le deuxième est l’analyse du stress des animaux qui, au vu des présentations, occupe une part importante des performances des animaux. Et en troisième, de mon point de vue, c’est l’élevage du petit veau et de la période clé entre 0 et 2 mois.


Qu’allez vous mettre en place ?

Je vais revoir un peu la gestion des vaches taries, souvent traitées comme le parent pauvre.
Comme nous l’avons vu aujourd’hui, nous devons être dans la préparation de la future lactation, alors qu'actuellement, nous sommes plutôt dans la gestion de la fin de lactation. Je suis également dans la réflexion de faire autrement qu’avec du maïs, bien que pour être sur des performances égales, cela semble compliqué. Le maïs étant une solution facile.

J'ai également noté que la production laitière a un avenir devant elle, car on peut augmenter les performances sans pour autant changer tout un troupeau, en améliorant quelques points de confort ou d’élevage. De plus, nous sommes dans une phase assez positive du maintien du prix contrairement aux autres productions.

De toute façon, l’accompagnement technique est nécessaire pour la mise en place de nouvelles pratiques dans les élevages, avec un conseiller spécialisé qui apporte un regard extérieur.