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Bilan du projet Assolement

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3 ans de travail de terrain sur les pratiques d’agriculture de conservation des sols

Lancé en avril 2014, le projet « Assolement » porté par l’association « Conser’Sols » avec l’appui technique de la Chambre d’agriculture arrive aujourd’hui à l’heure du bilan.

Conser’Sols : Une dynamique de groupe

L’association Conser’Sols créée par un groupe d’agriculteurs au printemps 2013 compte aujourd’hui une trentaine d’adhérents qui partagent leurs expériences de terrain sur les pratiques d’agriculture de conservation : couverture du sol, absence ou minimum de travail du sol et rotations des cultures.

Avec le projet « Assolement  » lauréat de l’appel à projet « Mobilisation collective pour l’agroécologie », le collectif s’est soudé autour de quatre valeurs : la technique, l’ouverture, la transparence et la convivialité.

Faire partie de ce collectif a permis de partager les réussites mais aussi les échecs rencontrés sur le terrain et ainsi de se remettre en question avec des pistes pour rebondir. Pour tous, et surtout les nouveaux, participer au groupe a permis de gagner du temps. Réunions « bout de champs », journées techniques, voyages d’études, autant de moments riches d’enseignements pour trouver des réponses aux nombreuses questions qui se posent quand on commence à pratiquer l’agriculture de conservation et à regarder ce qui se passe dans le sol. Pour l’ensemble de des actions, Conser’Sols est reconnu «  Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental  » (GIEE).

Des couverts végétaux qui ne s’arrêtent pas de pousser…. !

Sur le terrain, un réel savoir-faire a été acquis dans la conduite des couverts végétaux. Conduits comme une culture à part entière, les couverts sont le plus souvent utilisés dans la plaine comme engrais verts, constituant ainsi un apport de matière organique riche en sucres et en azote, très favorables à l’activité biologique des sols. Ils sont également parfois valorisés en élevage : pâturage du trèfle incarnant semé dans le maïs semence par exemple ou en fourrage, comme un enrubannage de vesce-avoine. Choix des espèces, réglages d’outils, organisation du travail, coût des couverts, sont autant de sujets qui ont été traités pour que chacun puisse trouver le couvert adapté au contexte de son exploitation.

En bilan de ces trois années, nous pouvons retenir les qualités du couvert féverole-phacélie, semé du 15 septembre au 15 novembre, entre 2 maïs ou entre un blé et un maïs. Le semis et la destruction nécessitent une appropriation des techniques mais les résultats sont très bénéfiques avec un développement important de la végétation en mars-avril, et une destruction mécanique relativement facile grâce à la morphologie de ces deux plantes aux tiges creuses et cassantes. Les couverts d’été à base de graminées estivales comme le sorgho, le moha ou le millet, en mélange avec des légumineuses, n’ont pas toujours été réussis, faute de pluie estivale. Le semis sous la barre de coupe ou au plus tard deux à trois jours après la moisson ressort comme une condition pour une bonne implantation. Une perspective encourageante pour s’assurer une bonne implantation des couverts d’été sans rajouter une opération culturale à une période déjà très chargée  : implanter les couverts dans les cultures.

Des suivis de terrain avec des indicateurs pour mesurer objectivement le chemin parcouru

Durant les 3 années du projet, 15 systèmes de culture ont été suivis chez chacun des adhérents à l’initiative du projet en 2014. Les suivis ont porté sur la culture et le sol, et aussi sur les indicateurs économiques. Nous retenons de l’analyse des coûts de production et marges que les différences de structure entre exploitations ont plus de poids sur les résultats économiques que les pratiques d’agriculture de conservation des sols.

Le projet « Assolement » s’est clôturé le 31 mars 2017 mais l’association Conser’Sols est toujours sur le terrain avec deux nouveaux axes de travail : la matière organique et l’introduction de nouvelles cultures dans les rotations.
A suivre...

3 jours de visites d’exploitations en agriculture de conservation des sols et de constructeurs de semoirs directs pour les membres de l’association CONSER’SOLS !

Du 7 au 9 mars 2017, 5 agriculteurs ariégeois de l’association CONSER’SOLS accompagnés de techniciens de l’équipe agronomie de la Chambre d’Agriculture se sont rendus en Limagne pour rencontrer, observer et échanger avec des agriculteurs locaux pratiquant l’agriculture de conservation des sols.

La première après-midi était dédiée à la rencontre des agriculteurs du GIEE Pays de Couze dans le Puy-de-Dôme (63). Composé de 9 céréaliers, le GIEE travaille sur la réduction du travail du sol, les couverts végétaux et les rotations, tout en mesurant l’impact économique et environnemental de ces pratiques. Avec peu d’irrigation et une bonne valorisation via des contrats avec des meuniers, le blé panifiable supérieur, vendu 220 à 240 €/t à 16% de protéines, est la culture phare de la plaine de Limagne. Le groupe Limagrain propose également des contrats de maïs semence, mais dans des proportions dépassant rarement 15 à 20 ha par exploitation. Pour allonger les rotations, principal levier agronomique identifié, des cultures sont introduites : lentille avec localement une valorisation en AOC, caméline et sarrasin.
Dès le lendemain, l’importateur des semoirs directs Bertini nous accueillait au Château d’Effiat pour une présentation de ses semoirs dans tous les détails. L’après-midi, direction l’Allier (03) pour un tour de plaine en compagnie du CETA de l’Allier : colzas associés à de la féverole, semis de blé sous couvert de luzerne, semoirs directs…


Les visites se sont terminées chez le semencier Limagrain, qui a présenté ses travaux sur la culture du maïs semence en Strip-Till.

Il est important de retenir de ce voyage les rencontres avec d’autres groupes d’agriculteurs dynamiques et innovants sur l’agriculture de conservation des sols. Chaque région a ses atouts et ses contraintes, et les échanges techniques entre collectifs sont enrichissants pour tous. Enfin, ces 3 jours auront apporté de la cohésion dans le groupe Conser’Sols, qui revient en Ariège avec des idées et des concepts prêts à être appliqués dans les exploitations ariégeoises. Si nous devions retenir de ce voyage une devise : « Soyons opportunistes ! ».


Zoom sur le maïs semence en Strip-Till

4ème semencier mondial, le groupe Limagrain teste le maïs semence en non-labour depuis 2010 pour faire face à de forts problèmes d’érosion éolienne et à la stagnation des rendements sur cette culture. Préserver les sols en implantant des couverts végétaux et en diminuant le travail du sol, tel est l’objectif de l’équipe de Jean-Marc ALBOURIE de Limagrain.


Après 4 ans d’essais peu fructueux en semis direct (aucun travail du sol mécanique), les producteurs de semence de Limagrain se penchent vers le Strip-Till, ou travail du sol localisé sur le rang. Avec 2 ans de recul sur le Strip-till, la technique commence à être maîtrisée et adaptée à la production du maïs semence, tout en implantant des couverts végétaux et en minimisant le travail du sol pour une fertilité des sols améliorée.


Txomin Elosegui et Aude Pelletier

 

Le projet ASSOLEMENT est appuyé financièrement par le Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, au titre du Compte d’Affectation Spéciale de Développement Agricole et Rural (CASDAR). Ce projet a été lauréat de l’appel à projets 2013 « Mobilisation collective pour l’agro-écologie » et l’association Conser’sols est précurseur de « Groupe d’Intérêt Economique et Environnementale » (GIEE) et participe à l’initiative « Produisons Autrement » engagée par l’Etat.