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Innover dans la conduite technique pour réduire les transferts d'herbicides en maïs

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Une vingtaine d'agriculteurs étaient présents pour participer aux "Agromorning" le 5 juillet dernier.

C’est lors d’une matinée technique, organisée par la Chambre d’agriculture de l’Ariège, sur les systèmes de cultures innovants en monoculture de maïs, que les agriculteurs ont pu découvrir deux parcelles suivies dans le cadre du projet « THESO : Transferts Herbicides Sol et Eau ». Ce projet piloté par la Chambre d’agriculture de l’Ariège a démarré en 2015 avec pour objectif de mesurer et réduire le transfert des herbicides tout en maintenant une performance économique.  
Six exploitations de la plaine de l’Ariège sont engagées dans le projet et testent les prototypes de systèmes de cultures innovants : deux en maïs grain et quatre en maïs semence. En complément, l’INP Purpan met en place sur les six exploitations des bougies poreuses qui permettent un suivi de la qualité de l’eau.


Le rendez-vous était donné à Saverdun sur une parcelle en maïs semence où l’objectif est de diviser par deux la dose d’herbicides (protocole 1). La matinée s’est poursuivie sur une parcelle en maïs grain, à Montaut, où l’objectif est une rétention des herbicides par la matière organique et une dégradation par les micro-organismes du sol (protocole 2).


Ce que l’on retient de cette matinée, c’est que ces systèmes de culture innovants ne sont durables qu’avec une grande maîtrise technique. Le projet Theso se poursuit encore durant la campagne 2018. Nous vous inviterons à participer à d’autres évènements autour de ces pratiques innovantes !

[Protocole 1] Objectif  : diviser par deux la dose d’herbicides

Pour cette modalité, et après trois années d’observations, on obtient une situation contrastée entre les parcelles suivies : le salissement de deux d’entre-elles est bien maîtrisé, tandis que sur les deux autres, le salissement devient problématique.

Nous retenons les règles suivantes pour réaliser l’économie de produits phytosanitaires : ne pas partir trop vite car une diminution de doses trop brutales dès le début engendre de réels problèmes par la suite, et ne pas partir d’une situation à problème (parcelle sale).

Si ces précautions sont prises, alors c’est un système qui fonctionne et qui est durable.

Matériel utilisé pour l'herbi-semis :
❚ 6 rangs à 80 cm
❚ Cuve de 1000 L
❚ Buses avec un spectre de 110 °C qui couvrent une zone de 15 cm de chaque côté du rang

Matériel utilisé pour le désherbinage :
❚ 6 rangs
❚ Cuve de 300 L
❚ 10 buses orientées sur les pieds du maïs
❚ Déflecteur pour les cailloux,
❚ 5 dents dont 1 patte d’oie qui permet d’arracher les adventices


> Avantages

❚ Diminution de 25%  des herbicides
❚ Investissement économique correct ( ≈4000 €)
❚ Atouts du binage : réchauffement, minéralisation, efficience des apports d’eau
❚ Un passage de moins : binage et traitements phytosanitaires en même temps

 

> Inconvénients

❚ Investir du temps dans le montage et le réglage du matériel (cuve, buses...)
❚ Salissement de l’inter-rang
❚ Difficulté du binage dans les terres caillouteuses (pertes de pieds)
❚ Incompatible avec du non labour
❚ Temps de prise en main de la technique

[Protocole 2] Objectif  : rétention des herbicides par la MO et une dégradation par les micro-organismes du sol

Pour cette modalité, on observe une bonne efficacité du traitement de post-levée précoce avec une maîtrise du salissement pour des quantités de produits utilisés plus faibles qu’avec un pré-levée et un rattrapage.

Le traitement post levée précoce est un désherbage qui s’exerce au stade 3-4 feuilles du maïs en couplant un traitement pré-levée et un rattrapage. Cette stratégie permet de faire moins de passages et d’adapter les produits à la flore adventice observée.

Concernant l’effet de l’amendement organique, on observe de réels atouts : déplafonnements des rendements, amélioration de la structure du sol, meilleure vigueur à la levée du maïs et développement plus important du couvert végétal qui engendre une forte biomasse et donc un mulch épais qui peut capter les produits phytosanitaires.

Cette technique d’apport de matière organique a ses limites notamment sur l’approvisionnement car elle n’est pas disponible facilement dans la plaine.

La deuxième limite est le prix : aujourd’hui, un apport de matière organique a un coût d’environ 20€ /T épandue ce qui limite les doses par le coût plus que par les aspects agronomiques. La perspective d’amélioration pour assurer la reproductibilité de de cette modalité serait d’ouvrir l’offre de produits organiques. Un projet sur l’organisation d’achat-vente de produits organiques à l’échelle du département est d’ailleurs en cours.

 

Pauline Mario