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Bois Paysan : le paillage bois, un chantier et saisonnalité

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Depuis deux ans maintenant l´utilisation du bois comme litière animale fait de plus en plus d´adeptes dans le département de l´Ariège. Pourquoi le choix du bois ? Comment le mettre en place dans son système d'exploitation ?

 

 

 

 

Le bois utilisé en litière suscite aujourd´hui la curiosité chez de nombreux éleveurs. Plusieurs questions se posent :

→ quelles essences ?

→  sous quelle forme ?

→ avec quelles modalités ?

→ comment évaluer mes besoins ?

Il y a quatre ans lorsque l´idée d´utilisation du bois s´est présentée, de nombreux départements en avaient déjà une forte expérience.                      L´objectif était non seulement de diffuser la pratique ici en Ariège mais aussi de pouvoir relever les besoins et évaluer la faisabilité de cette pratique sur les exploitations ariégeoises.Le département est très fortement boisé et la majorité de la propriété forestière appartient au monde agricole ce qui rend envisageable l´utilisation du bois sur l´exploitation agricole.

 

Pourquoi du paillage bois ?

Dans l´esprit général, la paille est l´élément unique pour absorber les effluents des cheptels en bâtiments. L´action d´absorption peut cependant s´effectuer avec de nombreux autre matériaux, seul  le taux d´humidité importe. En effet plus un matériau est sec plus il pourra absorber les effluents.

 

Pourquoi alors choisir le bois ?

Le bois a de nombreux usage et le plus noble est de produire du bois de haute qualité pour de la menuiserie, ébénisterie etc… pour y arriver il est nécessaire d´appliquer des éclaircies aux peuplements et aux haies. Cependant il existe de nombreuses essences à faible valeur marchande  ou aux dimensions non atteinte pour répondre aux critères de bois de qualité. L´usage en litière est donc un moyen de valoriser un produit qui généralement est couteux.

Nous citions plus haut la nécessité de réaliser des éclaircies dans les peuplements afin d’obtenir du bois de qualité. Bien souvent ces premières éclaircies ne permettent pas une valorisation économique des bois exploités. L’usage en litière bois est donc un moyen non seulement de valoriser ces bois, mais par ailleurs d’investir sur l’avenir en améliorant ses peuplements. Un autre exemple peut être donné notamment avec les haies adultes que l’on retrouve dans le département ou encore avec les arbres des Breilhs. En effet des essences telles que le Tremble en bords de parcelles agricoles souvent brulés dans la parcelle. Une perte sèche donc de par une consommation de temps et de carburant.

 

 

Quelles particularités ?

La litière bois à tonnage équivalent avec la paille possède le même taux d´absorption que cette dernière. Bien entendu avec un taux d´humidité inférieur à 30%. Cette capacité d´absorption est d´autant plus efficace que la plaquette est sèche.

Attention cependant, si le chargement est trop fort la saturation arrivera très vite.

L’installation de ce système et les résultats espérés sont bien entendu fonctions de la conduite du cheptel et du type d’animaux qui en bénéficie. Le chargement et la viscosité des effluents influent aussi sur la consommation.

 

LES COÛTS À RETENIR

➣ Prix moyen : 1 t de paille livrée = 110 €*

➣ Prix moyen tonne de plaquette produite = 45 - 60 €**

➣ 1m3 de bois plein= 3 MAP***

 

*automne 2019

**tarif CUMA Environnementale des Vallées Cathares

***M3 Apparent Plaquette

 

Comment organiser mon chantier de broyage ?

Afin de réduire au maximum les coûts de production, il est indispensable d´organiser au mieux son chantier. Cela implique :

• Laisser les arbres en entier ou les branches longues une fois l´abattage et le débardage effectué

•Ne pas faire de « mikado » avec les bois, ce qui risque de compliquer la reprise des bois par le grappin

•Avoir un chantier propre sans corps étrangers (ferraille, cailloux…)

•Fonctionner comme un chantier d´ensilage avec une remorque qui benne la plaquette pendant que l´autre se fait charger par le broyeur.

Cette organisation est indispensable pour que le chantier se déroule au mieux. L´idéal est d´effectuer le chantier de broyage lorsque le cheptel n´est plus dans le bâtiment, afin de faire sécher la plaquette sous couvert et ventilé.

Un chantier de broyage est donc idéalement réalisé au cours du printemps/été afin de laisser sécher pendant les 4 à 5 mois nécessaires pour atteindre l’objectif des 30% d´humidité. Bien entendu, plus le bois est faible en taux d’humidité, plus efficace il sera. Les tests effectué par la Chambre d’agriculture de la Nièvre ont démontrés qu’un séchage naturel pouvait atteindre jusqu’à 15% d’humidité dans la plaquette et donc une capacité d’absorption d’autant plus élevée.

 

Comment évaluer mes besoins et la mise en place de cette technique ?

Les besoins sont en fonction de nombreux critères tels que le chargement, le temps passé en bâtiment,  l´alimentation etc…. Vous pouvez faire appel à nos conseiller Foret arbres et bois sur la thématique afin que ces derniers évaluent au plus juste le besoin. Par ailleurs si vous êtes propriétaire de bois ou de haies, nous pouvons faire le diagnostic qui, couplé avec l´évaluation du besoin en plaquette forestière offrira une réponse complète à vos interrogations.

grandes questions se sont posées au cours des essais en Ariège

─ Comment se comportent les animaux ?

Sur un système bovin viande, le cheptel est légèrement plus propre sur les plaquettes. La différence n’est pas significative, cependant le lot situé sur les plaquettes forestières à tendance à se répartir sur la totalité de la surface et surtout à se coucher plus volontairement sur ce type de litière

 

─ Existe-t-il des risques de blessures ou d´ingestion ?

Aucune blessure superficielle n’a été décelée mettant en cause les plaquettes forestières, aucune ingestion n´a été observée.

 

─ Y a t il des risques lors du retour au sol ?

Le processus d´acidification est lié en partie au temps de décomposition de la plaquette. C’est donc le pourcentage d´humidité de la plaquette qui importe plus que l´essence. Il faudra donc pour éviter des faims d´azote ou une modification non souhaitée du sol, être vigilant au taux      d´humidité des plaquettes au moment de l´installation en litière ainsi qu’à la quantité mise dans la stabulation. En effet si l´épaisseur de la litière est trop importante, les effluents n´iront pas jusqu´au fond de la litière. Cette dernière aura donc au moment du défumage des plaquettes non utilisées et donc qui mettrons plus de temps à se décomposer.

 

 

CONTACT

 

▌Nelson GUICHET, conseiller Forêt, Arbre, Bois à la Chambre d'agriculture

05 61 02 14 00 - nelson.guichet@ariege.chambagri.fr

 

▌Antoine YUNES, conseiller Forêt, Arbre, Bois à la Chambre d'agriculture

05 61 02 14 00 - antoine.yunes@ariege.chambagri.fr